» » 2012, année d’instabilité et d’incertitude pour le secteur du bâtiment

2012, année d’instabilité et d’incertitude pour le secteur du bâtiment

Secteur du bâtiment2012, année d’instabilité et d’incertitude pour le secteur du bâtiment, c’est en deux mots la teneur des prévisions faites par les économistes de la FFB (Fédération Française du Bâtiment) lors de la conférence du 29 novembre dernier. 2011 sera une année de légère croissance (1,2%) qui fait suite aux trois années de déficit qu’auront été 2008, 2009 et 2010.

Les chiffres, même si délicat à traiter et à mettre en perspective, ne trompent pas pour la FFB. En quelques mots, il est prévu une baisse de l’activité de l’ordre de 1,9 % sur 2012, et qui entrainerait une perte d’emploi estimée à 35.000 postes sur cette même année (dont 2/3 d’intérim). Il est a noté tout de même que ce recul serait effectif plutôt sur le second semestre 2012 à la vue de l’état du carnet de commande encore bien garnis pour le début de l’année prochaine.

Ce qui conduit à ce discours tient en plusieurs éléments. Tout d’abord les éléments macro-économiques pris en compte telle qu’une croissance du PIB de 0,5%. Ce qui n’est pas encore officiellement le chiffre annoncé par le Gouvernement français, mais qui représente le consensus des éditorialistes de presse et des organismes d’analyse économique. Mais aussi une perspective 2012 du chômage proche de 10%, 9,7% pour être exact.

Ce qui renforce les craintes et les perspectives de conjonctures négatives sont aussi à trouver dans les dernières décisions gouvernementales liées au plan de rigueur:

– La fin du dispositif SCELLIER pour l’investissement locatif en 2012
– La disparition du PTZ pour les logements anciens
– Les incertitudes sur l’avenir des aides fiscales issues du grenelle de l’environnement
– L’augmentation de 1,5 point du taux de TVA appliquée aux prestations du secteur

D’autre part, les derniers évènements liés aux troubles de la maison DEXIA ajoute a l’incertitude générale et notamment les inquiétudes quant aux capacités d’investissement des collectivités territoriales. La future entité qui se configure entre la Caisse Des Dépôts et la Banque Postale sera-t-elle à même d’afficher une stratégie appropriée face aux financements des investissements des collectivités sachant que ces services de financement sont peu rémunérateurs et sur de longue durée?

Mais, il reste encore une question qui ne trouve pas une réponse immédiate. Nous connaissons tous l’urgence que nécessite la rénovation énergétique des bâtiments résidentiels et non résidentiels afin d’atteindre les objectifs annoncés du Grenelle de l’environnement, mais au delà de ces objectifs fixés et de l’urgence affichée, il y a un besoin absolu de travailler ces sujets pour aller vers des bâtiments de plus en plus passif et de moins en moins énergivores.

Tout ceci se voit dans les propositions de valeur développées autour des labels de certification. Le dernier en date étant le “reconnu grenelle environnement”, des marques telles que les “pros de la performance énergétique” de la FFB ou encore les “éco-artisans” de la CAPEB.

Cette politique doit tirer le secteur vers le haut et apporter de la croissance en développant les offres et services adaptés à ce marché afin d’atteindre ces objectifs de réduction de la consommation d’énergie et d’émission de GES.

Mais on se rend compte d’une certaine inertie de la part des entreprises du secteur qui n’inscrivent pas cette stratégie dans leur propre stratégie commerciale de manière forte et sur le long terme:

– Problème de formation et manque de motivation des acteurs
– Une offre peu structurée qui ne rencontre pas une demande souvent mal exprimée
– Une faible visibilité des acteurs et de leurs capacités
– S’inscrire dans le temps plutôt que le court terme
– Savoir rassurer le consommateur sur la faisabilité et le financement

Déjà en 2008 et les années qui suivirent et encore en 2012, autant d’axes de travail qui restent à réaliser et doivent permettre d’apporter les leviers de croissance à ce secteur qui, rappelons le, doit s’attaquer à 35 millions de logements privés, 4,5 millions de logements sociaux et 850 Millions de m2 de bâtiments tertiaires.

Suite à la conférence de presse de la FFB du 29 novembre 2011

Intervention de Monsieur Didier RIDORET et intervention des analystes économiques de la FFB

Une réponse

Répondre