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Aller plus loin dans les impacts environnementaux du bâtiment: Optimiser le bâtiment à énergie positive (Bepos).

Le Bepos, bâtiment produisant plus d’énergie qu’il n’en consomme, est un sujet qui, aujourd’hui, pose multiples questions. Quelles sont les consommations couvertes par cette production d’énergie ? Avec quels objectifs et quels moyens ? Quel avenir est à envisager pour ce type de bâtiment?

Les bâtiments Bepos : une réalité à dimension internationale

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Dans le cadre des travaux de l’Agence internationale de l’énergie, plus de 300 projets internationaux on fait l’objet d’une analyse. Le tout récent observatoire Bepos, géré par Effinergie en partenariat avec l’Ademe, répertorie 388 projets dont 70 bénéficient d’une analyse détaillée.

En France, les bâtiments Bepos ont souvent été conçus à l’aide de moteurs de calcul (RT 2005, RT 2012) et de périmètres d’études différents (les 5 usages réglementaires : chauffage, ECS, éclairage, la climatisation et auxiliaires, tous usages…). C’est pourquoi on rencontre aussi bien des bâtiments labellisés Bepos-effinergie que des bâtiments « autoproclamés » Bepos, qui ne tiennent pas forcément compte des exigences du label.

Une variété de projets qui n’a pas échappé aux parlementaires à l’occasion du débat du projet de loi relatif à la transition énergétique : « L’article 4 du projet de loi propose l’anticipation de l’échéance de 2020 en indiquant que, chaque fois que possible, toute nouvelle construction sous maîtrise d’ouvrage de l’État ou des collectivités locales sera à énergie positive ou à haute performance environnementale. À l’occasion de l’examen de cet article au Sénat, les parlementaires ont adopté un amendement visant à préciser la notion de bâtiment à énergie positive », précise Anne-Lise Deloron, directrice adjointe du Plan Bâtiment durable.

Cette importante diversité de bâtiments Bepos est possible car il existe plusieurs façons d’être à énergie positive, selon Anne-Lise Deloron, définir un cadre stable au qualificatif Bepos, en se basant sur les premiers retours d’expérience, paraît indispensable. Et pourquoi pas utiliser le label Bepos-effinergie comme référence pour lever cette ambiguïté ?

Il y a Bepos et… Bepos , le label impose une sobriété tous usages et la production d’EnR

« Le label Bepos-effinergie ne s’arrête pas aux 5 usages de la RT 2012, il va plus loin et intègre l’ensemble des usages dans l’exigence de compensation énergétique entre consommation et production », précise Yann Dervyn, directeur du collectif Effinergie.

Les valeurs de consommation (5 usages et autres usages) sont modulées en fonction du type de bâtiment (logement ou tertiaire), de l’altitude, de la zone géographique et de la surface. La valeur objectif de production est quant à elle modulée en fonction du nombre d’étages du bâtiment et de la zone géographique (potentiel solaire). Yann Dervyn explique qu’un écart est accepté sur le bilan consommation-production suivant la nature du projet, en particulier pour les bâtiments défavorisés en production d’énergie renouvelable (collectifs de plusieurs étages, régions moins ensoleillées).

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Label Bepos-effinergie

Pour résumé, toute construction labellisée Bepos-effinergie doit :

  • Maîtriser les consommations pour les 5 usages de la RT ;
  • Maîtriser les consommations pour les autres usages locaux de l’énergie ;
  • Exploiter les énergies renouvelables ;
  • Apporter un environnement confortable et sûr aux occupants,
  • Faciliter le comportement éco-responsable des occupants ;
  • Evaluer la consommation d’énergie grise nécessaire à la mise à disposition des matériaux de construction du bâtiment, sa mise en œuvre et jusqu’à son recyclage (analyse du cycle de vie).
  • Evaluer la consommation d’énergie engendrée par les déplacements des utilisateurs du bâtiment (potentiel d’éco-mobilité).

« Un outil permettant l’estimation et la conformité à l’exigence sur les autres usages va être mis à disposition prochainement », ajoute-t-il.

Avec le label Bepos-effinergie, on ne peut pas se contenter de multiplier le nombre de panneaux solaires photovoltaïques en toiture pour atteindre l’équilibre « 0 consommation ». Le bâtiment doit faire suffisamment attention à sa consommation tous usages.

Quels seront les objectifs de demain pour le Bepos ?

Grâce à la RT 2012, les consommations énergétiques sur les 5 usages ont pu être divisées par 4 : « Les progrès des étapes suivantes, tout en s’appuyant sur les acquis de ces réglementations, nécessiteront un changement de point de vue pour intégrer tous les usages de consommation. Les efforts de réduction sur les 5 usages ne seront pas suffisants pour diminuer de façon forte la facture énergétique d’un bâtiment et ce quel que soit son usage », précise Antonin Briard du Gimélec. Serait-il possible d’imposer un objectif de puissance moyenne par habitant à ne pas dépasser, comme c’est le cas en Suisse, en plus d’imposer déjà une performance énergétique par m² ?

En plus de sa qualité constructive, le bâtiment Bepos devra entrer dans une approche dynamique de la notion « à énergie positive ». Demain, c’est la contribution positive globale du bâtiment à son environnement énergétique et territorial qu’il faudra considérer, poursuit Antonin Briard (réduction des besoins globaux, utilisation des mécanismes de marché, possibilité d’autoconsommer, de stocker, de mutualiser l’énergie produite localement avec les bâtiments voisins…). Une tarification dynamique des énergies devra permettre aux acteurs d’intégrer économiquement cette contribution.

Comment maintenir l’équilibre à énergie positive dans la durée ? C’est la question que se pose notamment Effinergie, mais il reste encore à définir la périodicité des bilans (annuels, mensuels, journaliers) ainsi que des règles visant à déterminer les responsables d’éventuels problèmes ou dérives.

Les freins au déploiement des projets Bepos

On recense les freins principaux à deux niveaux :

  • Le budget, qui doit prévoir des automatismes et régulations nécessaires pour piloter de façon fine le confort et la sobriété énergétique. Ces techniques, bien qu’éprouvées, demandent du temps et des moyens, ce qui peut donner lieu à des retards de chantier. Une incitation financière de la part de l’Etat constituerait donc un plus.
  • La méconnaissance du processus de fonctionnement des bâtiments Bepos.

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