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L’autoconsommation d’énergie pour un particulier, réalité ou fiction ?

L’autoconsommation est la production autonome de biens, d’aliments et d’énergie permettant à un individu ou un groupe de se suffire à lui-même. À l’heure actuelle, il est très difficile pour un ménage de produire suffisamment de ressources pour ne plus dépendre des industries. Dans le domaine énergétique, des solutions existent et permettent aux particuliers de produire l’énergie dont ils ont besoin pour alimenter partiellement ou entièrement leur domicile.

Consommer ce que l’on produit et rien d’autre

Produire sa propre nourriture, et ses propres biens (mobilier, vêtements etc) n’est pas donné à tout le monde.

Manger les légumes qu’on fait pousser nécessite de l’espace, des compétences, un climat adapté et de l’investissement (financier et temporel). C’est pourquoi il est assez contraignant de produire soit même. La solution de facilité étant de se rendre au supermarché du coin pour obtenir, sans effort et rapidement les différents produits d’alimentation.

Produire ses biens (mobilier, logement etc) nécessite les mêmes contraintes mais à cela s’ajoute les risques. En effet, mal construire sa maison pourrait par exemple engendrer l’effondrement de l’un des murs porteurs.

Produire de l’énergie requiert les mêmes contraintes mais il existe d’avantages de solutions pour y remédier. Les éoliennes, les chauffe-eau solaires, les récupérateurs d’eau de pluie, les panneaux photovoltaïques utilisent l’énergie offerte par la nature pour alimenter nos besoins.

La consommation moyenne annuelle d’un ménage de 4 personnes est d’environ 15 000 kWh par an.

Selon la zone géographique où l’on se trouve, il faut adapter les moyens mis en œuvre pour produire son électricité : sur la côte et plus généralement là où il y a du vent, il faut privilégier l’éolien ; dans les zones ensoleillées il faut favoriser les panneaux solaires photovoltaïques si l’orientation de la toiture ou du terrain le permet ; dans les régions chaudes il faut conforter l’utilisation de chauffe-eau solaire… les panneaux photovoltaïques représentent 1,3 de la production d’énergie en 2015.

Les panneaux solaires photovoltaïques en actions

 

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Panneaux photovoltaïques (IRFTS)

En France, le soleil délivre en moyenne 1400 kWh (de 1000 à 1700 kWh selon sa zone géographique). En Ardèche (07), une famille de 4 personnes a opté pour l’installation de panneaux solaires photovoltaïques pour alimenter les besoins en électricité de leur maison de 120 m². Pour un investissement d’environ 10 000 €, ils ont installé 24 m² de panneaux photovoltaïques orienté Sud sur leur ombrière, destinés à l’autoconsommation. Les cellules photovoltaïques ont permis de produire 3000 kWh de courant par an. Le kilowattheure étant de 0,15 € en 2016, la famille a donc réalisé une économie d’environ 450 € par an. On passe donc d’une facture de 1500 à 1050 € soit 30 % d’économie.

En revanche, revendre son électricité aux réseaux de distributions lorsque l’on dispose d’une installation comme celle-ci (intégrée au bâti) est plus avantageux puisque cela rapporte 24 centimes d’euros par kWh donc avec la quantité d’énergie produite par les panneaux du Shadow solar, on pourrait gagner 720 €/an et donc rentabiliser le prix de l’installation au bout de 13 ans.

Couplé à d’autres méthodes de production d’énergie, il est possible de subvenir totalement à ses besoins énergétiques mais l’investissement reste énorme. C’est le cas des bâtiments à énergie positive qui sont de plus en plus présents mais qui coûtent plus chers à l’achat.

Une liste d’obstacles vient s’ajouter à l’investissement de base qui pourrait en dissuader plus d’un :

  • Posséder un panneau solaire performant (plus de 3kWc (= 3kW produit pour un éclairement solaire de 1000 W/m²)) vous rend imposable (impôt sur le revenu).
  • L’éclairement solaire est variable selon le moment de la journée et la météo.
  • Le rendement d’un panneau photovoltaïque est de 15 % en moyenne (pour 100 W d’émission solaire, le panneau ne produit que 15 W d’électricité)
  • Le rendement diminue si la température augmente (-0,4 % par degré). Il existe des versions hybrides qui utilisent la chaleur des panneaux pour réchauffer des tuyaux d’air/eau situés sous les cellules photovoltaïques afin de pouvoir chauffer sa maison ou son ECS mais cette solution reste relativement chère.
  • Les panneaux sont difficilement recyclables..

Qu’en est-il de l’avenir de l’autoconsommation énergétique?

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École à énergie positive (92)


Produire son énergie est donc une chose relativement coûteuse mais c’est une solution d’avenir vers laquelle de plus en plus de particuliers se penchent. Des recherches hautement approfondi ont permis d’accroître le rendement des panneaux de 15 à 24 % (pour les plus performants). À l’heure actuelle, il existe quelques rares bâtiments à énergie positive qui produisent plus d’énergie qu’ils n’en consomment. Ces habitats sont le modèle d’une nouvelle façon de construire durablement. Fin 2020, une nouvelle réglementation thermique (RT2020) devrait voir le jour, et fixe l’objectif de réduire la consommation énergétique des nouvelles constructions par 3 par rapport à la RT2012. Pour cela, une meilleure isolation des enveloppes des bâtis sera nécessaire mais ne suffira pas. À cela s’ajoute donc la production d’énergie qui permettra à la maison de produire plus qu’elle ne consomme.

 

L’objectif des maisons à énergie positive sera-t-il tenu en 2020 ? On trouve d’ores et déjà des exemples d’habitations de ce type sur le site de BEPOS. L’autoconsommation énergétique sera un jour possible si cette norme entre bien en vigueur. Le commencement d’une nouvelle ère verte est donc possible. On peut tout de même espérer que d’ici là, les panneaux solaires seront d’avantage rentables et plus abordables.