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L’autoconsommation photovoltaïque dans le tertiaire, c’est possible

Alors qu’EDF prévoit une augmentation du coût du kWh de 40% dans les prochaines années, de plus en plus d’usagers souhaitent devenir autonome énergétiquement. Jusqu’ici pas réglementée, l’autoconsommation est désormais encadrée par la loi. Que dit la loi ? Dans quel secteur l’autoconsommation est-elle la plus rentable ?

L’Etat facilite les installations d’autoconsommation photovoltaïque

L’autoconsommation consiste à consommer soi-même tout ou partie de l’électricité produite pas son installation. Elle présente un avantage pour 2 raisons principales :

  • Le prix des énergies traditionnelles ne cesse d’augmenter (dû aux chantiers d’EDF pour maintenir les centrales nucléaires vieillissantes et à la construction des nouveaux EPR).
  • Le développement du marché du photovoltaïque, très dynamique notamment en Asie et aux USA, entraîne une diminution des coûts du matériel, diminuant considérablement le coût des installations.

Jusqu’à présent, il fallait toujours un raccordement au réseau public et la réglementation était quasi inexistante. Mais depuis Juillet dernier, avec l’ordonnance n°2016-1019 du 27 Juillet 2016 la réglementation reconnait et donc facilite les installations d’autoconsommation. Ainsi, la production d’électricité à partir d’énergie renouvelable n’est plus soumis à l’obligation d’achat donc il n’est plus nécessaire d’injecter sa production dans le réseau. Ce qui est produit est consommé directement ce qui rend l’autoconsommation totale possible, évitant aussi les coûts liés au raccordement, qui peuvent représenter jusqu’à 30% du montant de l’installation !

Une convention pour l’autoconsommation sans injection

autoconsommation maison individuelleIl est vrai qu’ERDF est le leader sur le marché et ils ont donc un rôle majeur à jouer dans le développement et la simplification de l’autoconsommation. Ils ont donc mis en place une simple convention d’autoconsommation (CAC) pour les installations sans injection, afin de faciliter leur raccordement au réseau. Aucun frais de branchement au réseau ne sera fait dans le cas d’une autoconsommation totale.

ERDF précise les points qui seront simplifiés :

  • Les installations avec stockage sont autorisées
  • La limite de la puissance de l’installation à 18 kVA est supprimée et va jusqu’à 36 kVA
  • Les procédures administratives sont simplifiées et accélérées: la mise en service de l’installation pourra se faire au plus tard 15 jours après la transmission des documents (sans avoir forcément reçu la réponse d’ERDF) et il y aura possibilité de faire toutes les demandes en

Un potentiel photovoltaïque à exploiter

toiture entrepotEn France, le domaine du tertiaire offre 100 millions de m² de toiture étanchée, soit autant de possibilité de mettre en place des systèmes photovoltaïques. Les bâtiments du tertiaire permettent plus facilement des installations car ce sont généralement de grandes surfaces de toiture. Cela permet d’envisager d’atteindre au minimum 70% d’autoconsommation dans le tertiaire. Il est certain que lors du week-end, lorsque les locaux ne sont pas occupés, l’énergie produite n’est pas consommée et il est nécessaire de penser à une solution de stockage. Autrement, le pourcentage d’autoconsommation diminue largement.

En plus de cela, le gros avantage du tertiaire est que les besoins en électricité se font au cours de la journée, au moment où se fait la production. C’est plus délicat dans le résidentiel, car il faut obligatoirement prévoir une solution de stockage de l’énergie. On parle alors de consommation « spontanée » qui consiste à consommer directement l’énergie produite à l’instant t, permettant de penser que le 100% d’autonomie est possible.

Les possibilités d’autoconsommations sont diverses et variées et chaque cas doit être étudié en détails pour mettre en place l’installation et surtout son bon dimensionnement. Il est primordial de connaitre les possibilités de production face aux besoins quotidiens requis.

Plusieurs possibilités d’installations possibles

Pv solidaire à un élément porteur
Panneaux PV solidaires à un élément porteur

Afin de s’adapter aux différentes configurations des bâtiments, plusieurs installations sont possibles :

  • Modules souples: léger et soumis à la décennale, ces modules ne sont quasiment plus fabriqués car peu rentables (s’encrassent trop vite),  pour une assurabilité difficile (dû aux problèmes d’étanchéité récurrents)
  • Systèmes fixes sur dispositif solidaire de la structure ou élément porteur : des modules photovoltaïques rigides sont fixés sur une ossature support liaisonnée directement à la structure porteuse. C’est un système assez couteux pour des grandes surfaces mais il a un grand intérêt pour les toitures ayant une pente supérieure à 10%.

 

 

  • Systèmes lestés sur étanchéité : les modules photovoltaïques rigides sont fixés sur une ossature indépendante de la toiture.
    PV liaisonné à l'étanchéité
    Panneaux PV liaisonnés à l’étanchéité

    Un système de lestage assure la stabilité contre le vent. La pose est rapide et ne présente aucun risque pour l’étanchéité. En revanche, ce système est incompatible sur élément porteur en tôle acier.

 

  • Système liaisonné à l’étanchéité : les modules photovoltaïques rigides sont également fixés sur une ossature support, qui sera liaisonné à l’étanchéité de la toiture par un dispositif de fixation (bandes de pontages soudées à l’étanchéité ou encore plots thermosoudés…)

 

 

 

panneaux hybrides

Afin d’améliorer la rentabilité des panneaux, EPC solaire a mis au point des systèmes photovoltaïques hybrides qui vont permettre de récupérer l’air préchauffer par les modules. Cet air pourra être utilisé directement par le bâtiment (chauffer l’eau en été ou diffuser de l’air chaud en hiver), augmentant un peu plus la capacité d’autoconsommation.

 

L’autoconsommation n’en n’est encore qu’à ses balbutiements mais la réglementation devrait s’étoffer dans les années à venir. Il est cependant important que les usagers prennent conscience  de leurs consommations. Le tout n’est pas de produire le plus possible d’énergie mais de modérer ses consommations et d’accompagner ce choix d’autoconsommation par des équipements peu énergivores et une maison performante énergétiquement.

 

Sources : EPC SOLAIRE, ERDF (Enedis)

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