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Bâtiments biosourcés, quand la construction se veut zéro impact !

En France, c’est le secteur du bâtiment qui est le plus gros consommateur d’énergie et qui est responsable de 20% des émissions de gaz à effet de serre. Construire et rénover avec des matériaux biosourcés est une première étape au changement à engager pour la transition énergétique. Mais d’où proviennent ces matériaux et qu’apportent-ils en plus ? Et que fait le gouvernement pour soutenir cette filière ?

Qu’est-ce qu’un matériau biosourcé ?

La matière biosourcée est issue de la biomasse végétale (bois ou chanvre) ou animale (plumes, laine de mouton par exemple) dans de rare cas. Ils ont le gros avantage d’avoir très souvent un bilan carbone neutre voire positif dans le cas où ils stockent du CO2 comme le liège expansé ou encore les panneaux de fibre de bois dense. Bien loin des matériaux traditionnels dont le bilan carbone est souvent catastrophique, son utilisation permet de préserver les ressources naturelles.

L’utilisation principale des matériaux biosourcés est l’isolation. Ils possèdent tous de bonnes performances thermiques et acoustiques ainsi qu’une bonne contribution au confort d’été (à l’exception de la laine de mouton).

Voici une liste des plus couramment utilisés en tant qu’isolant dans le bâtiment.

  • Le bois : Produit de construction très ancien, il possède de multiples usages et peut se trouver sous forme de laine de bois, de panneaux de fibre de bois ou encore de vrac
  • Le liège : Produit par le chêne-liège ou par recyclage des bouchons, on le retrouve sous forme de panneaux ou de granulats.
  • La paille : Largement disponible en France, on la retrouve sous forme de botte, de panneaux ou d’enduit
  • Le chanvre : Plante à croissance très rapide et ne nécessitant que peu d’engrais, c’est principalement la fibre et la chènevotte qui sont utilisées pour le bâtiment. On la retrouve sous forme d’enduit, de béton, de laine ou en vrac.
  • La ouate de cellulose : Produite à partir de journaux recyclés, elle s’utilise sous forme de panneaux semi-rigide ou bien encore en vrac (en soufflage dans les combles par exemple).
  • Le textile recyclé : Produit à base de textile recyclé, on le retrouve sous forme de rouleaux, de panneaux semi-rigide ou en vrac. C’est l’exemple de l’isolant Métisse
  • La laine de mouton : Sous-produit de filière ovine, elle permet la formation de rouleaux, de panneaux ou peut s’utiliser en vrac ou en écheveaux 

Tableau récapitulatif des avantages et inconvénients des produits biosourcés

liste des matériaux biosourcés 2

 

Il en existe d’autres bien sûr comme le lin, les plumes de canard ou encore le miscanthus (graminée originaire d’Asie surtout utilisé pour la préparation du béton léger ou d’enduit) mais ils sont beaucoup moins développés pour le moment.

Les matériaux biosourcés, une filière en développement

Nous avons en France une très grande disponibilité de ressources :

  • En utilisant 5% seulement de la paille qui retourne au sol, 500 000 logements par an pourraient être isolés.
  • La France est le premier producteur de chanvre en Europe. Autrefois principalement utilisé pour la production de corde dans le domaine naval, sa production avait fortement chuté vers la fin du XIXème siècle. Mais depuis les années 1960, la production revient tout doucement et est en hausse chaque année pour répondre aux nouveaux besoins notamment en termes d’isolant.
  • Grâce à 6000 tonnes de déchet textile par an, on peut produire 3000 tonnes d’isolant en tissus recyclé.

Et les acteurs dans le domaine sont de plus en plus nombreux. Par exemple l’entreprise coopérative Karibati. Cette organisation créée en 2015 regroupe les différentes filières du bâtiment biosourcés karibatibâtiment biosourcé comme par exemple le RFCP (Réseau Français de la Construction Paille), ecima ou encore le cstb et apporte son expertise. Elle propose une offre de service globale et possède notamment une plateforme technologique en réseau, une plateforme de financement et mène des actions collectives pour l’ensemble de la filière. Son but est d’accompagner les acteurs de la filière tels que les collectivités locales, les entreprises, les maîtres d’œuvres ou encore les filières de matériaux pour permettre son développement.

Le label « bâtiment biosourcé » est aussi un pas qui permet le développement de la filière. Crée en 2012, il permet de valoriser les performances environnementales des bâtiments qui ont intégrés une part significative de matériaux biosourcés dans leur construction. Il délivre 3 niveaux de certifications en fonction du taux de matériaux biosourcés utilisés. Basé sur une démarche volontaire, le label met en lumière la qualité environnementale du bâtiment, participant ainsi au développement de la filière.

Enfin l’article 14 de la Loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte permet de mettre en avant la filière du bâtiment biosourcé en reconnaissant l’intérêt environnemental d’utiliser des matériaux biosourcés. En effet, il est précisé que « L’utilisation des matériaux biosourcés concourt significativement au stockage de carbone atmosphérique et à la préservation des ressources naturelles. Elle est encouragée par les pouvoirs publics lors de la construction ou de la rénovation des bâtiments. ». Véritable booster pour l’économie de la filière, la loi encourage la filière dans son développement.

A noter que la future règlementation RBR2020 devrait introduire un objectif de minimisation de l’énergie grise utilisée à la construction du bâtiment et donc favoriser l’usage de matériaux biosourcés.

Le marché du biosourcé est un marché porteur puisqu’ actuellement 50% des matières premières sont utilisées dans la construction et que la croissance annuelle des matériaux biosourcés peut atteindre jusqu’à 10%. Créatrice de plus de 4000 emplois non délocalisables, la filière du bâtiment biosourcé n’a pas fini de se développer, pour le plus grand bien de tous.

Source : guide des matériaux biosourcés de la FFB 2015-ffb-guide-materiaux-biosources_1454787576

Dossier presse karibati 03 2016-DP-KARIBATI-Biosources-HD

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