» » Le biogaz, de l’électricité par les déchets

Le biogaz, de l’électricité par les déchets

Tout est bio même le gaz ? … Alors le biogaz comment est-il fait ? Pour quels usages et quelles perspectives pour cette filière peu connue et qui démarre réellement que depuis 2015 en France

Qu’est-ce que le biogaz ?

La production de biogaz se fait par méthanisation. Il s’agit de la production d’un gaz naturel, le méthane (CH4), grâce à la digestion de la matière organique (animale ou végétale) par des micro-organismes. Cette dégradation, dans un milieu sans oxygène, va produire un mélange gazeux contenant de 50 à 70% de méthane et du dioxyde de carbone. Une fois la réaction faite, le résidu appelé digestat est utilisé en tant que fertilisant dans l’agriculture. Le gaz est quant à lui épuré, c’est-à-dire qu’on élimine tous ce qui n’est pas du méthane, et odorisé pour des questions de sécurité. Une fois vérifié, il est injecté dans le réseau.

Les origines de la matière organique sont très variées : agriculture, industrie ou encore déchets ménagers sont les principales sources du biogaz.

Les utilisations sont tout aussi variées :

  • Production de chaleur et d’électricité dans une centrale de cogénération
  • Production de chaleur pour une utilisation locale
  • Injection dans les réseaux de gaz naturel (une fois purifié et odorisé)
  • Transformation en carburant pour les véhicules roulant au bioGNV

répartition des rôles dans la méthanisation

Le power-to-gaz, un autre moyen de produire du biogazJupiter 1000

Actuellement peu répandu, le power-to-gaz est une technologie de conversion de l’électricité en gaz, permettant notamment de transformer l’électricité provenant des énergies renouvelables en dihydrogène. Ce gaz peut être injecté directement ou changé en biométhane.

La station Jupiter 1 000 de GRTgaz à Fos-sur-Mer est une première en France pour valoriser le surplus des énergies renouvelables, souvent problématique à stocker. Cette station, dont l’ouverture est prévue pour 2018, pourrait offrir une capacité de stockage sous forme de biométhane de l’ordre de 2 TWh à l’horizon 2030

répartition site biogaz en France

Retour sur le gaz renouvelable en France en 2015

Le secteur du biogaz a débuté son chemin en France en 2011 puisqu’il faisait déjà partie de la stratégie des énergies renouvelables mise en place par le gouvernement.

2015 a été une année de fort développement dans la biométhanisation puisqu’en début d’année nous étions à 6 installations et qu’au 31 Décembre 2015, 17 installations étaient opérationnelles. Les sites de biométhane ont injecté sur le territoire 82 GWh, représentant 0.02% de la consommation de gaz naturel. N’oublions pas que le biogaz a aussi un impact positif sur l’environnement et notamment sur les gaz à effet de serre (GES). C’est 15 000 tonnes de GES qui ont été évité en 2015, et l’analyse du cycle de vie de l’ADEME et de GRDF prévoit une économie de 750 000 tonnes en 2020.

 

Une assurance pour le producteur comme pour le consommateur

Deux mesures importantes ont été prises pour soutenir les producteurs mais aussi sécuriser les consommateurs.

Financièrement, les producteurs pourront accéder à des aides données par l’ADEME, les conseils régionaux ou départementaux ou encore les fonds européens. De plus, un tarif d’achat a été fixé pour 15 ans afin de garantir aux producteurs des revenus stables. Ce tarif, compris entre 46€/MWh et 139€/MWh, dépendra de la taille de l’exploitation mais également de l’origine des déchets ou de la matière organique traitées.

Pour le consommateur mais aussi le producteur, une garantie d’origine (GO) permettra d’assurer la traçabilité des transactions entre fournisseurs et clients.

GRDF - Biométhane 01
©Grégory Brandel – GRDF

Et pour le futur ?

La Loi relative à la Transition énergétique pour la Croissance Verte de 2015 a fixée comme objectif d’atteindre 10% de gaz renouvelable dans la consommation finale de gaz d’ici à 2030. Et pour cela, de nombreux projets sont en cours. Notamment les objectifs de l’ADEME voudraient que 30 TWh de biométhane soient injectés dans le réseau de gaz pour fournir l’équivalent de 2 500 000 clients ou 130 000 bus roulant au bioGNV.

200 projets sont à ce jour en attente en France sachant qu’il faut de 2 à 5 ans avant qu’une installation soit à même d’être raccordée au réseau dès lors que le projet est lancé. Cela permettrait une injection de biométhane de 3 866 GWh (soit un peu moins que la capacité d’un réacteur nucléaire) pour fournir la consommation moyenne annuelle de 320 000 clients ou de 17 000 bus ou camions roulant au bioGNV. Ces 200 projets seront répartis sur tout le territoire excepté en Corse où pour le moment, aucun projet n’est en attente.

 

Le biométhane n’en n’est qu’à ses débuts et il est nécessaire actuellement de faire évoluer les réseaux de transport et de distribution pour suivre les augmentations du nombre d’installations. Le secteur est porteur et offre de nombreux emplois locaux à l’heure de la délocalisation.

 

Source: communiqué de presse du SER en association avec GRDF, GRTgaz, SPEGNN et le TIGF

Une réponse

  1. MESNIL LETELLIER
    | Répondre

    Je pense que le Biogaz fait partie des énergies qu’il faut absolument dévelloper.
    mais ce n’est pas la seule, il faut que chaque citoyen fasse un petit effort d’investissement personnel pour rèduire la pollution.
    la première est de réduire le gaspillage et les dèchets, il est complètement incomprèhensible d’utilser de l’énergie pour produire quelque chose qui ne sera pas consommè et finira en dèchet et demandera encore de l’ènergie pour être dètruit.

Répondre