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Colloque du SER : ce que disent les candidats à la présidentielle sur les EnR

A l’occasion du 18ème colloque du SER (Syndicat des Energies Renouvelables), qui a eu lieu le 31 janvier dernier, des représentants des principaux partis politiques étaient présents pour parler de la place des énergies renouvelables dans leur programme présidentiel. Quel est leur positionnement ?

Emmanuel Macron, en tête de la confiance des français pour développer les EnR

Emmanuel Macron
Emmanuel Macron du parti En Marche

Alors que les élections présidentielles 2017 sont dans quelques mois, il est très peu question d’environnement dans les programmes des candidats. Et d’après les résultats du baromètre annuel réalisé par OpinionWay pour Qualit’Enr, les trois quarts des français estiment d’ailleurs que la question des énergies renouvelables (EnR) n’est pas suffisamment abordée par les candidats.

Cependant, c’est Emmanuel Macron, tête du parti En Marche, qui gagne la confiance des français pour le développement des EnR avec 29% des français qui le suivent, toujours selon le même sondage. Juste derrière se trouve Jean-Luc Mélenchon, candidat du parti La France insoumise,  avec 26% de confiance. En revanche le candidat d’EELV Yannick Jadot n’est qu’à 17% de confiance. Il est  donc temps que les candidats s’expriment clairement sur leur position face aux EnR.

Tous les candidats à l’unisson pour simplifier la réglementation

eolienne

 

Les objectifs ambitieux pour 2030 (32% d’énergie renouvelable dans la consommation finales d’énergie) et la réalité d’aujourd’hui (14,9% d’énergie renouvelables dans la consommation finale en énergie en 2015) montrent qu’il n’est pas toujours simple de développer des projets pour augmenter significativement la part des EnR dans le mix énergétique français. Lorsque l’on pose la question aux candidats, François Fillon, Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon, Marie Le Pen ou encore Yannick Jadot, ils sont tous unanimes sur le fait de simplifier la réglementation et les recours juridiques.  Selon les candidats, le cadre législatif doit pouvoir protéger la filière plutôt que d’imposer un « stop and go » permanent provoqué par les gouvernements successifs. Yannick Jadot insiste d’ailleurs sur le fait que le gouvernement Fillon est responsable du retard de la France dans le développement des EnR et tout particulièrement la filière photovoltaïque qui se remet à peine des décisions prises à l’époque. La filière doit être unie et stable pour que les objectifs puissent être atteints.

Développer les EnR, se passer des énergies fossiles et le nucléaire

Jean-Luc Mélenchon
Jean-Luc Mélenchon à la tête du parti La France insoumise

 

Alors que Jean-Luc Mélenchon prône le 100% d’énergie renouvelable d’ici à 2050 ou tout au moins souhaite fixer un schéma dans ce sens, la candidate Marine Le Pen estime qu’il est avant tout une priorité de se passer des énergies fossiles, et donc ne voit pas le combat contre le nucléaire comme une priorité. Yannick Jadot quant à lui critique fortement l’investissement de l’Etat français pour la construction des deux nouveaux EPR alors même que les investissements dans les EnR ont été divisés par 2 en 2016.

Financer les énergies renouvelables

Passer d’à peine 15% à 32% d’énergie renouvelable, c’est mettre en place de réels projets et cela impose un positionnement du prochain gouvernement. Pour financer les EnR, Emmanuel Macron propose une réflexion industrielle avec la mise en place d’un fond pour l’innovation.  A contrario Jean Luc Mélenchon prend lui le parti de vouloir rendre les problèmes de l’énergie dans le domaine public au lieu de de demander aux industriels ce qu’ils sont prêts à faire comme efforts. Pour François Fillon, il semblerait que les moyens financiers pour le développement des EnR n’est pas besoin d’être beaucoup plus importants. Il est en faveur d’un investissement de 200 millions d’euros dans le fonds chaleur (déjà de 210 millions actuellement avec un doublement progressif pour atteindre 420 millions d’ici la fin de l’année 2017) et d’une mise en place d’une fiscalité environnementale.

Concernant la mise en place d’une taxe carbone, les avis divergent également puisque les grands opposés J-L.Mélenchon et M.Le Pen ne sont pas réellement pour alors que Y.Jadot estime qu’il faudrait en effet donner un prix au carbone (aux alentours de 100€/Tonne) pour responsabiliser la société au sens large et les industriels les plus pollueurs.

 

livre blanc du SER
Livre Blanc du SER

Les réponses données par les candidats restent malgré tout assez floues pour réellement les positionner sur la question des énergies renouvelables. Et il n’est pas simple pour nous, citoyens, de s’y retrouver. A l’occasion de ce 18ème colloque, le SER a d’ailleurs sorti son livre blanc des énergies renouvelables pour faire le point sur 13 grandes orientations stratégiques à prendre dans les prochaines années. Le SER propose notamment, pour accélérer le développement des énergies renouvelables et créer de l’emploi dans chacune des filières:

  • De consolider le cadre règlementaire favorable aux EnR
  • D’impulser une nouvelle dynamique industrielle et territoriale
  • Ainsi que des mesures spécifiques et opérationnelles à chaque filière

A méditer donc pour chaque candidat vis à vis leur programme respectif

 

Sources : Qualit’EnR et 18ème colloque du SER

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