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Concertation sur le photovoltaïque: le volet "industrie" place l’administration devant ses contradictions

Logo ENERPLANCe 24 janvier, s’est tenue au Ministère des Finances, une nouvelle réunion de la concertation sur le photovoltaïque, consacrée au volet “industrie & environnement”. Un exercice de style délicat pour l’administration, alors que sa feuille de route de 500 MW/an organise la décroissance de l’industrie photovoltaïque française. Proposer des critères nationaux sur la différenciation CO2 des modules solaires apparaît bien dérisoire quand le principal des mesures proposées va conduire à la fermeture des usines solaires françaises, faute d’un marché local suffisant pour gagner en compétitivité.

Le plafond de verre des 5.400 MW d’ici 2020 que défend l’administration empêche toute vision industrielle solaire pour le pays. Les allemands installeront à la même échéance entre 52.000 et 70.000 MW. De quoi faire tripler la taille de leur industrie photovoltaïque en position de défendre son leadership mondial, tandis qu’avec le “gosplan” français imaginé par notre technostructure, l’industrie nationale aura fait faillite, sortie du jeu de la gigantesque vague mondiale du marché de l’électricité solaire.

Les critères environnementaux proposés par l’administration n’ont aucun sens, s’ils ne soutiennent pas une industrie en croissance sur sa base nationale à la conquête des marchés internationaux. Ce ne sont que des pansements sur une jambe de bois fraîchement amputée. Ils ne permettront pas à eux seuls de courir parmi les leaders mondiaux, allemands, américains, chinois, coréens, indiens, japonais, … Ils traduisent un renoncement, habillé d’un pudique voile vert qui sera le linceul d’une industrie émergente depuis 2007.

Enerplan, l’association des professionnels de l’énergie solaire, en appelle à la responsabilité politique. Le Grenelle de l’Environnement, qui avait impulsé une véritable dynamique dans le secteur et déclenché des dizaines de millions d’euros d’investissements dans des PMI et PME du secteur photovoltaïque, ne peut avorter d’ici 2012. Qui pourra légitimement expliquer aux français qu’on a fait mourir par étouffement un secteur qui a créé plus de 20.000 emplois en deux ans – 30 nouveaux emplois par jour ! – pour conserver un modèle énergétique centralisé dépassé ? Les sondages nous indiquent que le solaire est l’énergie préférée des Français, il serait tout à la fois sage et cohérent que les politiques publiques se mettent au diapason de cette volonté populaire.

Source: Communiqué de presse du 25 janvier 2011 d’ENERPLAN

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