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COP21, où en est la France dans ses émissions de gaz à effet de serre ?

C’est à Paris qu’aura lieu la COP21 et de ce fait on s’attend à ce que la France prenne des mesures exemplaires pour le climat. Mais avant cela, est-elle en bonne voie pour répondre aux différents objectifs de réduction des gaz à effet de serre (GES) dans lesquels elle s’est engagée ?

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Officiellement, la France a déjà rempli et même surpassé l’objectif du protocole de Kyoto en réduisant ses émissions de GES de 10% par rapport au niveau de 1990. Cependant, cela s’explique principalement par la crise économique qui a engendré le déclin de l’activité économique et industrielle.

Il faut savoir que la méthodologie employée par les pays membres de la convention climat pour calculer leurs émissions de GES prend en compte uniquement les émissions générées sur les territoires de ces pays. Les émissions induites par l’importation de produits nécessaires aux besoins de consommation, ne sont pas prises en compte ! Par exemple, en incluant les émissions dues à l’importation on obtient une augmentation totale de 11% des GES par rapport à 1990 pour la France, alors que le bilan officiel annonce une diminution de 10%. Des résultats bien différents d’une méthode à l’autre…

Et la France est engagée dans bien d’autres objectifs :

  • Loi de 2005: division par 4 des émissions de GES à l’horizon 2050;
  • Paquet énergie climat européen: réduction entre 2005 et 2020 de 21% les émissions couvertes par le marché de quotas d’émissions et de 14% les émissions dans les autres secteurs (transports, habitat…) ;
  • Nouveaux objectifs climat énergie de l’UE: réduction de 40% des émissions de GES pour 2030 par rapport à 1990.
  • Objectif européen: arriver à une part de 23% pour les énergies renouvelables dans la consommation d’énergie finale à l’horizon 2020.

Selon la méthodologie officielle, les émissions de la France ont diminué de 12 % entre 1990 et 2012, ce qui représente une cadence de réduction des GES insuffisante pour satisfaire à la division de facteur 4 prévue pour 2050. Pour y arriver, il faudrait une réduction de -3% par an et non pas -1.9% comme actuellement.

evolution des températures72% des émissions de GES de la France proviennent de l’utilisation d’énergie, et celles dues au transport ont augmenté de 9% entre 1990 et 2012. De plus, en raison de sa consommation élevée dans le secteur résidentiel – tertiaire, la France maintient une économie plus énergivore que d’autres pays européens tels que l’Allemagne, le Royaume-Uni ou l’Italie.

Pour ce qui est des énergies renouvelables en France, leur part dans la consommation finale d’énergie s’élève à 14.2%. Une hausse de 5% depuis 2005 qui s’explique majoritairement par l’utilisation de biocarburants, malgré tous les impacts climatiques néfastes qui leurs sont liés… D’autre part, le ministère de l’écologie reconnait que le développement actuel des énergies renouvelables est trop lent pour atteindre l’objectif des 23% en 2020, il faudrait que celui-ci double pour y arriver. Sachant que la loi de transition énergétique parue dernièrement prévoit d’élever à 30% la part des énergies renouvelables pour 2030.

Il faut également ajouter à ce constat la très lourde facture énergétique de la France : 66 milliards d’euros en 2013, due à l’importation en hydrocarbures et qui atteste de sa faible indépendance énergétique. Pourtant le taux officiel d’indépendance énergétique de la France est de 53% et il y a une raison à cela : l’importation d’uranium n’est pas prise en compte et donc l’électricité nucléaire est considérée comme entièrement produite par la France alors que l’intégralité de l’uranium nécessaire à sa production est importée. A ajouter à cela, seulement 33% de la chaleur dégagée par un réacteur nucléaire sont convertis en électricité. Si on recalcule tout cela on arrive à un taux d’indépendance énergétique de la France inférieur à 10%, soit plus faible qu’avant le début du nucléaire.

jours anormalement chauds

Il reste donc beaucoup de travail et d’efforts à accomplir pour la France, aussi bien au niveau gouvernemental qu’au niveau des citoyens, pour contribuer à la lutte contre le réchauffement climatique.

Qu’est-ce que la COP 21 et quels en sont les enjeux ? 

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