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Ecollectivités – Octobre 2009 – Editorial et sommaire

EDITORIAL: Moralement inexcusable, à courte vue économique et mal avisé politiquement

par Robert Delannoy

C’est ainsi que le Secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a qualifié l’échec possible à la conférence mondiale sur le climat à Copenhague, et cela devant la centaine de chefs d’Etat et de gouvernement réunis le 22 septembre à New York, à 77 jours de l’échéance de décembre qui doit trouver un successeur au protocole de Kyoto.

 Si le Secrétaire général évoque ainsi l’étendue d’un désastre qui se profile, c’est en raison de l’intensification du débat entre pays riches et pays pauvres sur les besoins financiers ; débat sur les montants mais également sur les utilisations.

Pour les pays riches, l’argent doit servir avant tout à aider les pays pauvres à limiter une augmentation de leurs émissions de gaz à effet de serre, induite par le développement économique indispensable à ces régions. Pour les pays les plus pauvres et les Etats menacés par la montée des eaux, l’urgence n’est pas de lutter contre les causes localement, tant leur responsabilité est faible (l’Afrique entière est responsable de 3,6% des émissions de Ges), mais de financer l’adaptation au changement climatique dont ils ressentent déjà les effets et qui se profile de manière catastrophique si l’augmentation moyenne de la température globale excède 2°C, voire 1,5°C.

La position de ce groupe de quatre-vingts Etats, réunissant les plus pauvres et un ensemble d’Etats insulaires, sera particulièrement importante à Copenhagueun engagement des pays riches pour limiter la hausse à 1,5°C à la fin du siècle, (ce qui correspondrait à une réduction de 45% des émissions de CO2 dès 2020 pour revenir, en 2050, au niveau des émissions de 1990) semble hors de portée d’ici à décembre, tout spécialement en ce qui concerne le taux de réduction en 2020. Dès lors, pour ces Etats, il leur faudra accepter un taux de réduction des émissions de Ges inférieur à celui qui les abriterait de la famine, de la maladie et de la pauvreté ou de la complète disparition en mer comme certains Etats insulaires.

L’importance des aides financières, considérées comme compensations à verser par les pollueurs historiques responsables du bouleversement climatique, sera décisive pour obtenir un indispensable accord où l’unanimité de plus de 200 membres est exigée.

Le chemin est long et le temps court pour Copenhague.

 A l’occasion de la réunion de New York Yvo de Boer, le responsable de la convention de l’ONU sur le climat, garde confiance sur l’issue du sommet de Copenhague mais surtout, semble-t-il, grâce à la pression que peuvent exercer les opinions publiques quand il exprime son “sentiment que les projecteurs sont focalisés sur les changements de climat comme jamais auparavant“.

 

 SOMMAIRE – Octobre 2009


Sommaire et éditorial du numéro d’octobre 2009 d’écollectivités magazine, reproduit avec l’aimable autorisation du directeur de la publication. Possibilité de s’abonner à écollectivités magazine.

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