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En route vers des autoroutes à énergie

En France, c’est près de 12 000 km de terres qui sont recouvertes uniquement par des autoroutes. Et si on pouvait à la fois circuler et produire de l’énergie ? C’est le pari réussi de la société Colas qui, par l’invention de Wattway, a réussi à combiner les deux dans sa route solaire.

Une résistance accrue

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®COLAS-Joachim Bertrand

Les cellules photovoltaïques sont composées de matériaux semi-conducteurs, principalement de silice qui une fois refroidit va se solidifier mais qui reste malgré tout assez fragiles. Or une route doit être capable d’accueillir un très grand nombre de véhicules, parfois très lourd à 44 tonnes, à une vitesse et une fréquence élevées. Tel a été le challenge à relever par Colas. Ainsi, les cellules de silicium poly-cristallin utilisées pour cette route solaire sont encapsulées dans des cadres de résine (dont la colle et le liant ont été brevetés) de 15 cm de côté.

Autre point ajouté, une couche supérieure qui assure la granulométrie pour assurer l’adhérence indispensable des voitures sur la route qui laisse passer le rayonnement solaire et qui aurait donc tendance à obscurcir les panneaux.

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®COLAS-Joachim Bertrand

 

 

Enfin pour l’installation, cela ne semble pas poser problème sachant que des raccordements électriques sont régulièrement proches des routes et qu’aucuns travaux de démolition ne sont à prévoir ; les dalles sont collées par-dessus le revêtement routier (correspondant à un cahier des charges technique notamment pour que la route ne contienne pas de fissures ou d’amiante) là même où les voitures rouleront. Le boitier de jonction assurant la connexion des dalles est lui étanche aussi pour répondre à toutes les contraintes météorologiques.

 

Les résultats attendus prometteurs

Alors bien sûr les panneaux sont disposés à plat alors qu’un rendement maximum exigerait une inclinaison de 30°, mais Wattway s’en sort plutôt bien avec un rendement assuré par le constructeur de 15% (le rendement étant habituellement plus proche des 18% pour les panneaux photovoltaïques).

Pour mieux comprendre, l’Ademe a estimé que 20m² de dalle photovoltaïques peuvent alimenter un foyer moyen français avec 1 000 heures d’ensoleillement par an (alors que les régions les moins ensoleillées ont déjà un ensoleillement minimal de 1 450 heures). Autre exemple, l’éclairage public d’une ville de 5 000 habitants peut être couvert avec l’installation d’1 km de dalle. De quoi s’accorder à l’évolution d’une ville intelligente, capable de s’autogérer, notamment dans les zones parfois difficiles d’accès.

Concernant le prix au m² des dalles, il varie de 2 à 8 Watt-crête (unité utilisée pour estimer l’énergie photovoltaïque qui est actuellement à 6 Watt-crête) en fonction bien sûr de la localisation

Et la réalité ?

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®COLAS-Joachim Bertrand

Vu sur le papier, il est vrai que cette innovation a de quoi faire rêver. Mais qu’en est-il de la réalité ? Alors qu’en 2015 le projet de route solaire n’en était qu’à une phase préindustrielle, les premiers projets voient le jour. Notamment le 2 juin dernier, la ville de Mouilleron-le-Captif en Vendée s’est vue inauguré son premier parking solaire. 50m² recouvert par 42 dalles pour une production annuelle de 6 300 kWh. De quoi recharger les batteries de voitures électriques.

D’autres projets restent à venir pour tester l’installation sur des éclairages publics par exemple.

 

En plus d’être une innovation française, la production des dalles est 100% made in France grâce à la société coopérative SCNA solar implantée dans l’Orne. Et avec des routes qui ne sont occupées seulement 10% du temps, Wattway semble un bon moyen de produire une électricité propre et renouvelable sans modifier le paysage. Sans compter que les dalles en fin de vie pourront être récupérées pour leur câblage électrique et certains composants dans des filières de recyclage déjà existantes.

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