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Energie: Quel est le coût réel de l'électricité?

La facture d’électricité va encore…augmenter, pas de véritable scoop, car c’est déjà ce qui se passe depuis un peu plus de 5 ans, mais ce sont aussi les conclusions du très récent rapport de la commission d’enquête du Sénat sur le coût réel de l’électricité (juillet 2012);

Certains y lisent une justification de l’augmentation du coût de l’électricité, mais on peut aussi y voir une nécessaire évolution vers les énergies renouvelables, et une réelle base pour une remise en question de notre politique énergétique, sur la base de réflexions pragmatiques. A lire.

Un débat sur la « question énergétique » devrait d’ailleurs être lancé prochainement cet automne : ce rapport, dans le prolongement du rapport de la Cour des comptes sur le coût de la filière électronucléaire du 31 janvier 2012, sera donc une des bases de référence pour lancer le débat.

  • Le diagnostic est quasi unanime, quelle que soit la tendance politique, « c’est la fin d’une électricité bon marché »: ainsi on y lit notamment que d’ici 2020, la facture moyenne d’électricité d’un ménage français va s’alourdir de 50% et atteindre 1.307 euros par an contre 874 euros en 2011.
  • Le coût du nucléaire sous-évalué: il est indiqué également que les coûts de l’électricité nucléaire française sont encore sous-évalués : en incluant les travaux de maintenance post-Fukushima, la commission les situe autour de 54,2 euros par mégawattheure. C’est plus que l’évaluation du rapport de référence de Janvier (49,5 euros), et que le prix officiel du courant nucléaire, qui est de 42 euros depuis le 1er janvier. Il y est mentionné aussi des “incertitudes” supplémentaires notamment sur le démantèlement, coûts d’assurances, frais de recherche publiques, avec une estimation totale si on fait les additions à 75 euros le mégawattheure. La France, qui a réaffirmé récemment son engagement à atteindre 23% d’électricité renouvelable en 2020, reste d’ailleurs l’un des pays les moins chers d’Europe pour l’électricité.  Mais les sénateurs soulignent que la consommation étant plus élevée, la facture moyenne des ménages se retrouve gonflée par rapport à nos voisins (852 euros par an en 2005 contre 438 euros en moyenne dans l’Union européenne).
  • Parmi les pistes avancées pour alléger les factures : les économies d’énergie (cf la nouvelle mission du Plan Bâtiment Grenelle et de Philippe Pelletier), mais aussi le stockage d’électricité, et les réseaux intelligents. De lourds investissements sont nécessaires, est-il indiqué, quelques centaines de milliards d’euros sur 5 ans. Mais c’est aussi à comparer aux 1000 Milliards de dépenses annuels de recherche de nouveaux gisements de gaz et de pétrole, ou encore aux 500 Milliards de transition énergétique prévu par le Plan Allemand pour effecteur sa transition énergétique d’ici 2050 !
  • Les acteurs locaux à la pointe de la transition énergétique : et les collectivités sont citées comme étant aussi au premier plan pour se montrer exemplaire. Notamment pour accompagner la nécessaire transition énergétique, et préparer chaque citoyen à évoluer en ce sens. Sont cités par exemple la commune de Montdidier pour la production décentralisée d’énergie. (production locale d’énergie largement décarbonée, stabilisation de la consommation électrique de ses habitants par sensibilisation et aides locales, réhabilitation thermique et modernisation des équipements de chauffage sur les bâtis communaux existants notamment)

Source Rapport sénatorial N° 667 SÉNAT SESSION EXTRAORDINAIRE DE 2011-2012

2 réponses

  1. François Crépin
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    L’exemple de Montdidier est intéressant. J’ai déjà visité cette commune dans le cadre de mon travail (Conseiller en énergie). Ce qui distingue cette commune de 99% des autres c’est une volonté politique concrète l’ayant mené à l’investissement propre de la commune dans des moyens de production d’énergie.

    Le fruit des bénéfices de cette production – plutôt que d’alimenter des fonds de pension qui investissent aussi bien dans les yaourts que dans les canons – sert à aider des particuliers en précarité énergétique à rénover leur habitat.

    Je ne connais pas le détail précis de ces financements, mais les grandes lignes sont là. Le problème, c’est que ce genre d’initiatives n’est pas pour plaire aux investisseurs privés susnommés…

  2. Francois
    | Répondre

    Oui vous avez raison, Montdidier est effectivement un bon exemple d’une volonté locale de faire avancer le sujet énergétique, sans cette volonté communale ou départementale ou régionale les choses n’avancent pas.
    Mais nous devons aussi porter les messages à nos politiques pour qu’ils y soient sensibilisés, leur souci étant le plus souvent d’être réélu et que pour l’instant la précarité énergétique et la performance des batiments ne sont pas la priorité.

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