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Etat des lieux sur la filière BTP en 2014 : Quelles perspectives pour 2015 ?

Le BTP a enregistré une baisse conséquente durant l’année 2014. Quelles en sont les causes ? A quoi doit-on s’attendre pour les années à venir ? La rénovation énergétique va-t-elle finir par tirer le secteur vers le haut ?

2014, une année amère pour le BTP

En 2014 le secteur du BTP a subi une baisse de -4.3% en volume d’affaires, contrairement aux -0.4% qui avaient été prévus fin 2013. Ce sont donc 12 000 emplois qui ont été perdus l’année dernière d’après la CAPEB (Confédération de l’Artisanat et des Petites Entreprises du Bâtiment), 30 000 postes (salariés et intérimaires) selon la FFB (Fédération Française du Bâtiment), et tous les corps d’état sont touchés. Voici quelques chiffres de la FCGA (Fédération des Centres de Gestion Agréés) pour 2014 comparés avec ceux de l’année 2013, qui avait été plus favorable au BTP :

  • Electricité : -8.7%, contre +2.5% en 2013.
  • Maçonnerie : -7.7% contre +1.3% en 2013.
  • Menuiserie : -7.5% contre +3.5% en 2013.
  • Plomberie/chauffage/sanitaire : -7.4% contre +3.1% en 2013.
  • Peinture : -7,9 % contre +1,2 % en 2013.

Les marchés qui ont le plus souffert sont la construction de logements neufs avec -10.3% et seulement 300 000 chantiers ainsi que le non-résidentiel neuf avec -5.9%. A l’inverse, le marché de la rénovation et entretien enregistre une baisse beaucoup plus faible de -0.9%

Plusieurs causes sont incriminées telles que la crise stagnante qui place les clients dans une situation d’insécurité économique, qu’il s’agisse de collectivités, d’entreprises ou de particuliers. On retrouve également parmi les causes, le blocage de nombreux permis de construire par les maires suite aux élections municipales, ainsi que des évolutions des aides financières votées en fin d’année 2014 créant un effet d’attente et donc de ralentissement dans le lancement de projets de rénovation et une mauvaise maîtrise de ces aides financières par les maîtres d’ouvrage et les entreprises artisanales.

La rénovation énergétique qui était attendue comme stimulant pour le BTP, n’a pas suffi à porter le secteur pour 2014.

Quelles sont les perspectives 2015 ?

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Une étude par KMPG nous apprend qu’entre fin 2014 et mars 2015, la situation ne semble pas avoir évolué puisque ce sont toujours environ 25% des entreprises qui sont déficitaires, principalement situées dans le nord-est et le sud-ouest. Plus de la moitié des entrepreneurs prévoient que leur trésorerie restera stable, alors que 26% s’attendent à une dégradation.

Cependant, on enregistre une légère hausse dans l’intention d’embaucher dans les 6 prochains mois,  surtout en région parisienne et dans le secteur de la menuiserie et la serrurerie.

De manière générale, il n’est pas prévu que l’année 2015 soit celle de la reprise pour le BTP, en tout cas dans le premier semestre. En effet, d’après la FFB il faut s’attendre à une baisse d’encore -0.4% environ. Le marché du non-résidentiel devrait être le plus mauvais pour 2015 avec une baisse attendue de -7.9%, suivi par le marché du logement neuf.

La rénovation énergétique devrait tout de même tirer le marché à la hausse d’environ 1.5% grâce aux aides financières (chiffre cité par KPMG), mais nous pensons que l’effet se verra sur le second semestre 2015. Néanmoins selon la FFB, cette petite hausse ne serait pas suffisante pour épargner la suppression d’encore 30 000 emplois…

Les propositions qui ressortent des commentaires faits autours de ces études pour relancer l’activité des entreprises sont :

  • Enclencher de nouveaux projets, parfois portés par le gouvernement.
  • Renforcer la lutte contre la concurrence déloyale qui pèse sur les prix et affaiblit durablement les entreprises déjà fragilisées par la crise depuis de nombreuses années.

Il faut s’appuyer sur l’opportunité de la mention RGE qui permet aux entreprises de se différencier, par rapport à la concurrence déloyale par exemple, ainsi que de se positionner sur un marché de plusieurs milliards d’euros sur les prochaines années et qui nécessite, au-delà des compétences RGE, une approche commerciale et marketing différente, une relation client qui allie une forme de conseil à la rénovation énergétique au savoir-faire des entreprises. On constate par ailleurs, selon l’étude de KPMG, que 26% des entreprises la possèdent déjà et 28% sont en cours de qualification, avec une implication marquée dans les secteurs menuserie-serrurerie, couverture-plomberie-sanitaire et électricité. A l’inverse plus de 60% des entreprises gros œuvre n’ont pas enclenché le processus et 71% d’entre elles, cela ne fait pas partie de leurs priorités.

En conclusion pour cette année 2015, on compte surtout sur l’incitation fiscale dans le cadre de la rénovation énergétique ainsi que sur les plans de relance élaborés en 2014 (simplification de normes de construction, accession à la propriété facilitée…) pour stimuler les consommateurs, du moins dans la seconde partie de 2015. Les entreprises doivent donc continuer de concentrer leurs efforts sur le marché de la rénovation.

Sources : FFB, FCGA, KPMG, CAPEB

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