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Europe – Mise en place d'un indice environnemental global

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Stravos Dimas - UE - Commissaire européen à l'environnementMesurer le progrès dans un monde en mutation est le thème d’une communication de la Commission présentée aujourd’hui dans le cadre d’un atelier de haut niveau. Les actions proposées dans cette communication ont pour but d’améliorer la mesure du progrès des nations en complétant la mesure actuelle la plus connue de l’activité économique, le produit intérieur brut (PIB).

Dans le cadre des efforts consentis pour évoluer vers une économie à faible intensité de carbone et utilisant efficacement ses ressources, la Commission présentera une version pilote d’un indice environnemental global en 2010. Le système statistique européen mettra en œuvre la comptabilité environnementale en tant que norme pour les statistiques macroéconomiques.

Stavros Dimas, membre de la Commission chargé de l’environnement, a déclaré à ce propos: «Pour relever les défis du 21e siècle, il nous faut des politiques plus intégrées et plus transparentes. Pour concevoir ces politiques, nous devons mieux évaluer où nous en sommes, où nous voulons aller et comment nous pouvons y arriver. Pour changer le monde, nous devons changer la manière dont nous le comprenons, et pour ce faire, nous devons aller au delà du PIB.»


LE CONTEXTE


Le produit intérieur brut (PIB) est l’instrument de mesure macroéconomique des performances de l’économie de marché d’une nation le mieux connu. Bien qu’il ne s’agisse pas, de par sa nature et son objet, d’un instrument de mesure du bien être, il est également considéré comme un indicateur de substitution du développement sociétal global et du progrès en général. Le PIB ne mesure toutefois pas la durabilité environnementale ou l’intégration sociale, et ces limites doivent être prises en considération afin de trouver des solutions adéquates pour guider nos économies.


COMPLETER LE PIB


Lors de l’atelier qui s’est tenu aujourd’hui, la Commission a présenté différents moyens destinés à compléter le produit intérieur brut (PIB), afin d’orienter nos politiques dans la voie d’une croissance «verte» et d’une société à faible intensité de carbone, utilisant efficacement ses ressources, ouverte à tous et solidaire. Les actions figurant dans la communication représentent le suivi pratique de la conférence intitulée «Au delà du PIB» qui s’est tenue en novembre 2007.

Le PIB est utilisé dans le cadre de prévisions économiques et permet d’effectuer des comparaisons dans le temps entre des pays et des développements. Il s’agit d’un instrument de conception claire et précise, qui a résisté à l’épreuve du temps.

Le PIB n’a pas été conçu pour être un instrument de mesure du bien-être. Il ne s’intéresse nullement à des questions essentielles en ce qui concerne la qualité de la vie, telles qu’un environnement sain, la cohésion sociale, voire la mesure dans laquelle les gens sont heureux. Il ne constitue pas en soi un guide suffisant pour pouvoir établir une politique moderne couvrant des objectifs sociaux et environnementaux. Cela pose problème lorsque le PIB est considéré comme le seul critère de progrès.

La communication décrit dans les grandes lignes cinq actions représentant les prochaines étapes pratiques au delà du PIB:

Un projet pilote d’indice environnemental sera proposé en 2010; il évaluera les progrès accomplis dans les principaux domaines de la politique et de la protection environnementales. Cet indice couvrira des domaines tels que les émissions de gaz à effet de serre, la disparition des paysages naturels, la pollution atmosphérique, l’utilisation de l’eau et la production de déchets.

La Commission intensifiera ses efforts en vue de produire plus rapidement les données environnementales et sociales. Actuellement, ces données sont fréquemment publiées dans un délai de deux ou trois ans, tandis que la publication des principaux chiffres économiques intervient dans un délai de quelques semaines seulement. L’objectif de la Commission consiste à produire des informations quasiment en temps réel à des fins de prise de décision.

Des rapports plus précis sur la distribution et les inégalités devraient permettre une meilleure définition des politiques relatives à la cohésion économique et sociale.

La Commission prévoit d’élaborer un tableau de bord européen du développement durable pour permettre de déterminer les tendances environnementales et de procéder à un étalonnage des meilleures pratiques. Ce tableau de bord se fondera sur la série d’indicateurs du développement durable existants.

La Commission s’efforce de compléter le PIB et les comptes nationaux – qui présentent la production, les rentrées et les dépenses économiques – à l’aide des comptes environnementaux et sociaux.

Lors de son intervention pendant la cérémonie d’ouverture, le Commissaire Dimas a déclaré qu’il espérait que ces actions mèneraient à la publication d’un indice de durabilité environnementale parallèlement aux chiffres du PIB.


Pour plus de détails, vous pouvez télécharger le rapport complet de la commission européenne qui s’intitule “Le PIB et au-delà: mesurer le progrès dans un monde en mutation“.

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