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S’inspirer de la nature pour créer les bâtiments de demain

Les technologies actuelles permettent d’analyser les mécanismes de fonctionnement des éco-systèmes présents sur Terre. Pourquoi l’habitat de certaines espèces présente un aspect si étrange ? Et comment les espèces adaptent leur habitat à leur milieu ? Ces questions ont permis d’innover dans la conception de certains bâtiments bio-inspirés.

 

La nature, source d’inspiration pour l’homme et son habitat

Dans la nature, rien n’est laissé au hasard. La géométrie d’un habitat peut lui procurer des caractéristiques mécaniques ou thermiques excellentes. C’est ce que l’on peut retrouver notamment dans les fourmilières, termitières, ruches etc qui permettent aux organismes qui le peuple de vivre dans des conditions propices au bon développement. Ces modèles sont-ils vrais/adaptables pour nos habitations ?

 

Et pourquoi pas vivre dans une termitière ?

Principe de fonctionnement de la ventilation de l’Eastgate

 

Les termitières sont particulièrement intéressantes, elles se présentent sous la forme de stalagmites creusées de centaines de galeries. Ce réseau de tunnels sert à la fois au déplacement des termites mais aussi à la ventilation afin maintenir une température homogène et maitrisée au sein de l’éco-système. En rebouchant ou en ouvrant des galeries, les termites régulent le débit d’air traversant la termitière pour adapter la température interne en fonction des conditions extérieures. Ainsi, les écarts de températures, parfois extrêmes entre le jour et la nuit, ne perturbent pas le climat interne de la termitière où il fait continuellement 30°C.

Bâtiment Eastgate au Zimbabwe

 

Le Eastgate centre est un bâtiment zimbabwéen de près de 9500 m² inspiré de ce modèle. Compte tenu du climat local très chaud, Mick Pearce (architecte du projet) a décidé de créer un bâtiment où la ventilation naturelle serait maximisée. Des filtres installés sur les parois d’entrées d’air permettent de renouveler l’air 2 fois par heure pendant la nuit et jusqu’à 10 fois par heure pendant la journée. Les habitants profitent ainsi d’un climat homogène de jour comme de nuit. Une étude comparative entre 6 bâtiments a montré que le Eastgate consommait 35 % moins d’énergie qu’un bâtiment conventionnel avec air conditionné. De plus, le bâtiment n’est pas pénalisé par les pannes de courants (fréquentes au Zimbabwe) puisque le système de ventilation est naturel, de ce fait, le confort thermique est garanti.

 

Habiter dans un bâtiment imitant la fourrure des ours polaires

Singapore art center à Singapour

Pour lutter contre les températures négatives, les ours polaires sont constitués d’une épaisse fourrure. Celle-ci à la capacité de réagir en fonction de la température extérieure et donc des besoins de l’ours. Cela s’apparente à la « chair de poule » chez l’homme et ainsi les poils se hérissent et laissent entrer la lumière du soleil (lorsque la météo le permet) pour réchauffer la peau de l’animal.

Toiture du Singapore art center

Le bâtiment Singapore Art Center à Singapour a été construit selon le principe biomimétique de l’ours blanc. Des triangles d’aluminium, équipés de capteurs photo-sensibles, ont été disposé sur toute la surface du toit. Ils s’orientent en fonction de la météo pour laisser entrer la lumière du soleil lorsqu’il fait froid et se ferment pour réfléchir les rayons solaires lorsque les températures grimpent.

Le lotus : Un modèle pour des revêtements qui ne craignent pas l’eau

Peinture hydrophobe inspirée de la feuille de lotus

L’homme a longtemps été fasciné par les propriétés hydrophobes (qui ne craint pas l’eau) de la feuille de lotus. Après avoir analysés ses propriétés, les scientifiques sont parvenus à créer des matériaux possédant les mêmes caractéristiques. Ainsi, les surfaces imprégnées de cette matière deviennent auto-nettoyantes. Cette application est déjà commercialisée et permet aux vitres, tissus ou peintures par exemple de rester propres. La marque Rain’X a développé un spray pour pare-brise automobile permettant ainsi de se passer d’essuie-glaces. Nous pouvons également y voir une future application intéressante dans les bâtiments ayant une grande surface vitrée.

 

 

Pour résumer, le biomimétisme nous montre que la nature regorge de technologies. Mieux vaut s’en inspirer pour créer des habitats plus performants et plus écologiques. « Ce n’est pas à la nature de produire comme nos usines, c’est à nos usines de produire comme la nature » (Gunter Pauli).

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