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Le Off du DD 2015 : « Architectures et urbanismes durables, pour que les alternatives d’aujourd’hui deviennent les standards de demain. »

Le 31 mars dernier s’est tenue la troisième session du Off du Développement Durable à la maison de l’architecture de Paris, mais aussi sur les sites de Lyon, Marseille et Saint Denis de la Réunion. Organisée par l’ICEB, le Collectif Démarche Durable, EnviroBAT Réunion, Envirobat méditerranée, VAD (Ville Aménagement Durable) et BDM, cette nouvelle édition s’articulait autour de 27 projets sélectionnés et 16 projets remarqués appliquant le  développement durable à la construction. Tous les projets présentés rappellent, comme pour l’édition 2013, qu’une démarche de collaboration de l’urbanisme, de l’architecture et des différents corps d’états est primordiale pour la réussite d’un projet, et ce de la conception jusqu’à l’aboutissement, avec cette année une volonté particulière d’intégrer les habitants à la démarche. C’est le partage et la combinaison des compétences, qui enrichit un projet en lui procurant des caractères innovants et garantit son succès. Le Off du DD 2015 remémore qu’il est grand temps d’abandonner le processus de conception traditionnel impliquant les professionnels de façon successive et linéaire pour passer à la conception intégrée qui permet à tous les intervenants de travailler ensemble dès le début de la réflexion. La démarche holistique est également mise à l’honneur, comme par exemple la prise en compte de l’usage des bâtiments dès la conception. Le principe fondamental de l’approche holistique est que l’optimisation globale relève d’une organisation, dépassant toujours la somme des parties qui composent un projet de construction.

Les 27 projets ont été sélectionnés selon plusieurs critères : projets pionniers, projets féconds, projets participatifs, projets écoresponsables, projets ancrés dans leur territoire… La journée a été ponctuée de quatre connexions intersites afin de partager l’objet des échanges qui ont eu lieu à Paris, Lyon, Marseille et Saint Denis.

Des projets à dimension sociale : vivre autrement

Maison qui déménage - 18 logements sociaux - Maisons passives
Maison qui déménage – 18 logements sociaux – Maisons passives

Cette 3ème session a dévoilé des projets qui remettent en cause les schémas d’habitation traditionnels et, par des architectures et des aménagements différents, amènent les habitants à s’approprier les espaces et créent du lien social.

« La Maison qui Déménage » est un projet de l’association Habitat et Humanisme (H&H) qui se veut être une solution de logement temporaire pour les personnes les plus démunies. Cette petite habitation construite à partir de caisses en bois est conçue pour être démontable et donc mobile. Respectueuse de l’environnement, elle emploie des matériaux biosourcés et permet de ne laisser aucune empreinte sur son site d’installation et sur l’environnement (pas d’enduits, de ciment, etc…). D’une durabilité estimée entre 7 et 8 ans (temps d’amortissement), La Maison qui Déménage pose une foule de questions au niveau réglementaire : RT 2012 ? Permis de construire ? Accessibilité handicapés ? Construction d’une maison qui peut changer d’adresse ?… Ce projet est une réponse à la pénurie de foncier abordable disponible mais nécessite une adaptation des financements et des normes.

Les projets « 18 logements sociaux en ossature bois » à Montreuil et les « Maisons passives du quartier Henri-Dunant » au Havre, proposent également une nouvelle organisation du logement tout en faisant preuve d’une qualité environnementale irréprochable. Le premier projet se définit comme un « hameau urbain » déployé autour d’un espace commun central partagé par les habitants. Des passerelles en bois sont présentes pour lier toutes les parties du petit « hameau » afin de favoriser l’échange. Le second projet propose une alternative au lotissement traditionnel en proposant de placer les maisons d’un côté de la rue et de placer des « petits mondes de lieux ouverts» en face de chaque maison de l’autre côté de la rue. Le projet prévoit une appropriation complète de ces lieux par les habitants, et pour se faire, fournit un mode d’emploi à l’utilisateur final expliquant entre autres comment prendre possession de l’espace.

Des matériaux biosourcés pour le bien-être des enfants

La qualité de l’air et le confort sont des problématiques devenues prédominantes dans les logements mais aussi dans les bâtiments tertiaires et surtout scolaires. En effet, plusieurs des projets sélectionnés concernaient l’écoconstruction d’écoles. Ce sont désormais la quasi-totalité des projets qui font appel à des systèmes constructifs et des isolants biosourcés.

Ecole maternelle des Boutours
Ecole maternelle des Boutours

L’école maternelle des Boutours à Rosny-sous-Bois est un bâtiment exemplaire en matière de qualité énergétique et d’accroissement de la biodiversité. L’école est construite à partir de matériaux biosourcés tels que la terre et la paille pour le mur extérieur, et ossature en bois. L’école comprend également des toitures terrasses végétalisées permettant d’accueillir une activité de permaculture urbaine. C’est en chantier participatif que c’est déroulée la construction : 400 élèves et leurs parents ont été impliqués. Et c’est dans le même esprit de participation que s’est construite la crèche de Pierrevert. Tout a été pensé pour le bien-être des enfants : des matériaux sains, des espaces confortables et lumineux, une cantine bio où les enfants ont un visu sur la préparation des plats.

Il faut néanmoins savoir que la participation des habitants au chantier constitue une prise de risque. Cette participation doit devenir commune pour pouvoir construire un cadre juridique adapté. La participation des habitants a une valeur de transparence et une valeur équitable lorsque de petites entreprises locales sont engagées.

A noter : Le projet « Centre de découverte sur la biodiversité » à la Roche-sur-Yon, qui présente l’extension d’un manoir du 19ème d’un botaniste réalisée en ossature bois recouverte d’un manteau de chaume aussi bien en toiture qu’en façade.

Toujours plus de possibilités avec le bois

De tous les projets sélectionnés, bon nombre comportent une ossature bois et pour cause, c’est un matériau qui présente de

Résidence R+5
Résidence R+5

nombreux avantages dans l’écoconstruction. Alors que le Off du DD 2012 ne présentait que des bâtiments R+1 ou R+2 en ossature bois, cette nouvelle édition révèle des projets allants jusqu’à 8 niveaux en ossature bois !

« La résidence tout en bois en R+5 » à Montreuil est un bâtiment passif sans même avoir recours aux énergies renouvelables. Il intègre une approche bioclimatique : exposition au sud, végétalisation de la façade nord ; ainsi qu’une totale construction en filière sèche sur les 6 niveaux.

La Résidence Jules Ferry de Saint-Dié-des-Vosges, 8 niveaux en structure bois massif (CLT), est le bâtiment en structure bois le plus haut de France. Son système énergétique est très peu dimensionné (équivalent à celui d’une maison individuelle) grâce à la démarche de sobriété qui a été mise en œuvre (réducteurs de débits…). L’isolation des façades est en caissons remplis de paille.

Malgré tout certains freins s’opposent encore à l’utilisation du bois : l’acoustique, la résistance au feu et la provenance du bois. Les projets en bois sont des preuves concrètes que construire en bois, même en hauteur, est possible et est une réussite. C’est donc la multiplication de ces constructions qui amènera le marché de fabrication du bois à être rétablit ou établit en France.

Construire en harmonie avec le paysage

Ecoquartier des Brichères
Ecoquartier des Brichères

De plus en plus de projets intègrent le paysage au premier plan de leur conception. Il s’agit de construire en utilisant le paysage comme ligne directrice. Ce mode de procédé permet d’aboutir à des constructions en harmonie avec leur environnement et qui donnent le sentiment d’avoir toujours été présentes. L’écoquartier des Brichères, extension urbaine de la ville d’Auxerre, s’inscrit dans un site en respectant son contexte historique, topographie et culturel. Les cheminements naturels, la présence de l’eau et l’espace paysager non construit ont dicté la place et la densité des îlots à bâtir.

D’autres projets utilisent le paysage comme un élément à part entière à multiples fonctions : nourricier, social, économique et environnemental. C’est le cas pour l’écoquartier de Montévrain qui sur ses 150 hectares en dédie 20 à l’agriculture urbaine, permettant la revalorisation du territoire ainsi qu’une révolution culturelle.

Le bioclimatique devient incontournable

Comme nous avons pu le constater lors de ce Off du DD, le bioclimatique, encore marginal il y a quelques années, devient un incontournable voire un standard pour la conception de bâtiments économes et intégrés dans l’environnement. La majorité des projets de construction présentés cette année s’associent au bioclimatique, dans une approche plus ou moins poussée.

Le Siège de Helios, institut de l’énergie solaire, à Chambéry est un exemple très intéressant en matière de bioclimatique (compacité, isolation renforcée, protections solaires, ventilation naturelle d’été). Le bâtiment est orienté selon les quatre points cardinaux et traite de ce fait ses quatre façades différemment en fonction de leur orientation. On le qualifie de « bâtiment vivant » car il valorise au maximum les apports gratuits de son environnement géographique et climatique. Helios est alimenté par des systèmes énergétiques actifs sans fluides frigorigènes, ni énergies fossiles, sans émission de carbone.

Sources photos: Le OFF du développement durable

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