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Les artisans du bâtiment et l’éco-construction: quel est le bilan?

Deux manières de lire cette nouvelle édition de l’enquête « les artisans du bâtiments et l’éco-construction » proposée par le CER : la bouteille est à moitié vide ou à moitié pleine

L’enthousiasme des artisans du bâtiment face aux mesures issues du Grenelle de l’environnement s’effrite mais ils y restent tout de même favorable. Le plus important est qu’ils jugent que ce n’est plus une opportunité de croissance. Les problématiques de hausse de la TVA et la conservation des emplois viennent supplanter la prise en compte du développement durable et le désir de se lancer vers des chantiers dits « éco-construction ».

Cette enquête conforte les tendances actuelles quant à la prise en compte des enjeux environnementaux et d’économie d’énergie comme le baromètre ADEME TNS-SOFRES analysant les comportements de 10 000 ménages vis à vis de la maitrise de l’énergie au sein de leur habitat. (voir notre article à ce sujet)

Ci-dessous les grandes tendances reprises de cette enquête 2012 effectuée par le CER accompagné d’un sondage IPSOS interrogeant les artisans du bâtiment sur leurs sentiments face à la potentielle hausse de TVA dans le secteur de la construction et de la rénovation.

  • Les artisans du bâtiment moins enthousiastes face aux mesures du Grenelle de l’Environnement

Cette nouvelle enquête met en lumière le recul de l’engouement des artisans du bâtiment quant aux mesures issues du Grenelle de l’environnement. En effet, si la majorité d’entre eux accueillent toujours favorablement ces mesures, ils ne sont plus que 35% à penser qu’il s’agit d’une opportunité contre 42% en 2010.

  • Une baisse de 10% des intentions de recrutement

Ce sondage révèle également une frilosité des artisans du bâtiment en matière de recrutement, seuls 12% envisagent d’embaucher au cours des deux prochaines années (contre 22% en 2010) : 14% dans le Nord-Ouest, 13% dans le Sud-Est, 9% dans le Sud-Ouest et 7% dans le Nord-Est.

Quant aux coûts d’investissement engendrés par les mesures issues du Grenelle de l’Environnement, ils semblent toujours convenir aux artisans du bâtiment : 60% d’entre eux estiment que ces dépenses seront faibles alors que seuls 25% craignent qu’elles ne soient élevés (contre respectivement 58% et 33% en 2010).

  • Les chantiers “éco-construction” peinent toujours à se généraliser

39% entreprises déclarent réaliser des chantiers “éco-construction“, un chiffre stable par rapport à 2010. 21% pensent en effectuer d’ici un ou deux ans et 30% comptent attendre le plus longtemps possible avant d’accomplir ce type de chantier.

Une situation qui varie quelque peu selon les régions d’implantation. Ainsi, 44% des artisans implantés dans le Nord-Ouest effectuent des chantiers de construction ou de rénovation respectant l’environnement, 40% dans le Sud-Ouest, 36% dans le Nord-Est et 36% dans le Sud-Est.

Si les chantiers “éco-construction” peinent encore à se généraliser, les artisans y voient une raison majeure : la faible demande de la part des acheteurs (57% idem qu’en 2010). Viennent ensuite le manque de formation et d’accompagnement (24% contre 33% en 2010), la difficulté à obtenir des aides financières (23% contre 35% en 2010), la nécessité d’investir dans de nouveaux équipements (21% contre 26% en 2010) et l’insuffisance des effectifs de l’entreprise (14% contre 19% en 2010).

  • Une prise en compte du développement durable en recul de 10%

Alors qu’en 2010, ils étaient près de sept artisans sur dix à considérer que le développement durable comme une préoccupation importante, voire primordiale, dans leur pratique professionnelle quotidienne, ils ne sont plus que 60% en 2011. Cela concerne tout de même la majorité des artisans du bâtiment qui traduit cette attention aux questions environnementales par :

    • Le tri sélectif (83%)
    • L’amélioration des conditions de travail et le bien-être des salariés (54%)
    • L’utilisation de produits de construction bénéficiant d’un label écologique (50%)
    • L’utilisation de fournitures de bureau issues du recyclage (49%)
    • Des mesures visant à économiser la consommation d’électricité (48%)
    • Des mesures visant à économiser la consommation d’eau (42%)
    • L’utilisation de modes de transport “propres” ou en commun lors des déplacements professionnels (18%)
  • Les labellisations ou certifications qualité environnementale restent faibles

Malgré une sensibilité au développement durable assez importante, les artisans du bâtiment n’ont toujours pas la volonté d’obtenir des labels ou des certifications qualité environnementale : seuls 5% des artisans déclarent que leur entreprise en bénéficie, 16% envisagent d’en obtenir dans les deux prochaines années et 76% n’envisagent pas à l’heure actuelle d’en obtenir.

Toutefois, Qualisol reste le label le plus répandu parmi les entreprises qui bénéficient d’une labellisation (38%) suivi de Qualigaz (14%), Qualit’EnR (14%), QualiPV (12%), QualiPAC, (12%), Qualibat (11%), Qualibois (10%)…

  • Une activité qui semble se stabiliser mais une possible hausse de TVA qui inquiète

Alors que les artisans du bâtiment interrogés ont vu leur activité stagner depuis l’an dernier (45%) et estiment qu’il en sera de même pour l’année prochaine (56%), ils s’inquiètent sur l’éventuelle hausse de TVA en 2012. En effet, si le projet de loi de finances 2012 du Ministère du Développement Durable maintient la TVA à taux réduit pour les travaux de rénovation, il n’est pas impossible que ce dernier évolue après 2012.

Ainsi, 85% des artisans du bâtiment considèrent qu’une hausse de la TVA aurait un impact négatif sur leur activité et qu’elle pourrait même entraîner des suppressions d’emplois pour 49% d’entre eux.

Enquête téléphonique réalisée par IPSOS du 14 au 27 septembre 2011 auprès d’un échantillon national représentatif de 500 artisans du bâtiment d’entreprises de 0 à 5 salariés (gros œuvre, second œuvre technique et autres seconds œuvres) selon la méthode des quotas (sous-secteur d’activité, taille de l’entreprise et région d’implantation).

Cette enquête sera présentée dans son intégralité sur le salon BATIMAT, mercredi 9 novembre de 14h30 à 15h30 au Club Développement Durable. Une conférence organisée en partenariat avec le Groupe Moniteur et en présence du Directeur Général du plan bâtiment du Grenelle de l’Environnement et des représentants de la FFB et de la CAPEB.

2 réponses

  1. jeoren
    | Répondre

    les données et analyses de marché ne laissent pas présager une évolution positive de ce bilan
    http://www.capeb.fr/actualites/artisanat-du-batiment-l-activite-decroche-au-3e-trimestre-1p100.html

  2. article très intéressant!

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