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Les copropriétaires parisiens face aux travaux : quelle place pour la rénovation énergétique ?

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copropriétés parisiennes – Pages-Energie

Vendredi 13 février,  l’ADIL 75 a présenté les résultats de son étude intitulée « Les copropriétaires parisiens face aux travaux ». Etaient présents Galla Bridier, présidente de l’ADIL 75 et Dominique Gadeix, directeur adjoint et superviseur de l’étude.

L’étude révèle une volonté incontestable de réaliser des travaux parmi la population étudiée : pour 93% c’est une nécessité et même une attente considérée légitime.

Population étudiée :

L’étude s’est portée auprès de 500 copropriétaires parisiens. Ces personnes font parties du public de l’ADIL 75. L’étude ne peut donc pas refléter la réalité générale des profils copropriétaires parisiens.

La moyenne d’âge de la population étudiée se situe à 58 ans. Sur l’ensemble des participants, 77% n’ont pas ou plus d’enfants à charge et reçoivent plutôt des revenus corrects. 88% sont propriétaires occupants tandis que les autres sont propriétaires bailleurs.

Les immeubles sont quant à eux plutôt anciens (construits avant 1949) mais la plupart disposent d’un ascenseur et d’un chauffage collectif. Les copropriétés étudiées sont bien entretenues dans l’ensemble et on peut donc en déduire qu’elles font l’objet de travaux réguliers.

ADIL 75 permanence
ADIL 75

Résultats observés :

Quels sont les travaux réalisés ?

Les travaux privilégiés par les copropriétaires de l’étude sont les travaux dits visibles, c’est-à-dire ceux qui apportent une plus-value esthétique (peinture de façade par exemple). Ce sont des travaux considérés comme rassurants, aussi bien pour le propriétaire que pour les acheteurs éventuels.

Les travaux moins visibles, travaux de rénovation énergétique par exemple, sont quant à eux moins fréquemment réalisés (changement du tableau électrique, chauffage, isolation…). En général les copropriétaires ne sont pas ou moins intéressés par ces travaux, surtout pour le coût qu’ils représentent mais aussi parce qu’ils ne sont pas toujours bien informés de leur intérêt.

En effet, 90% de la population étudiée ne se mobilise pas pour la réalisation de travaux d’économies d’énergie pour plusieurs autres raisons telles que:

  • Les copropriétaires assumeraient leur surconsommation.
  • Il existe un manque de confiance dans les résultats. Les copropriétaires estiment souvent qu’ils n’ont pas de garantie de résultats.
  • La majorité des copropriétaires ne sont pas certains d’obtenir un retour sur investissement assez rapide.

L’aspect financier des travaux de rénovation énergétique prend le pas sur la démarche éco-citoyenne qui manque aux copropriétés.

D’autre part « beaucoup de travaux essentiels sont laissés de côtés comme la mise aux normes des parties communes » ajoute Dominique Gadeix.

73% des copropriétaires réalisent des travaux privatifs (ex : pose de double vitrage, sécurité électrique). Ces travaux sont réalisés plutôt dans un geste de confort que dans un geste citoyen envers l’environnement. Cependant, 53% des copropriétaires privilégient les travaux sur parties communes.

Quels sont les obstacles à l’exécution des travaux sur parties communes ?
  • Les travaux obligatoires : ils sont souvent subits et exécutés avec du retard.
  • Le coût des travaux est souvent financé sur fonds propres. Les aides financières pour les travaux en copropriétés servent souvent de leviers à la prise de décision mais il n’est pas toujours facile de les obtenir, de plus certaines comme les aides de l’ANAH sont très ciblées sur certaines catégories de personnes et sur des thématiques bien spécifiques. Dominique Gadeix ajoute « Paris est une ville chère, de ce fait les copropriétaires parisiens sont très regardant sur le remboursement des travaux qu’ils engagent. C’est pourquoi les copropriétaires parisiens ont peut-être plus besoin d’être aidés qu’ailleurs. »
  • Les aides financières proposées sont mal adaptées à la copropriété. L’eco ptz collectif obligeait à opter pour un bouquet de travaux, depuis fin 2013 il est ouvert aux copropriétés qui ne souhaitent réaliser qu’un seul type de travaux mais il est difficile de trouver les banques qui acceptent de le mettre en œuvre. « Toutes les banques sont aptes à distribuer ce prêt. Le problème qui existe est que même le site du ministère n’affiche pas les banques qui proposent l’eco-ptz collectif. En effet, nous savons que peu d’entre elles proposent des conventions pour ce prêt.» précise Dominique Gadeix.
  • L’absentéisme aux Assemblées Générales (AG).
  • Une certaine démotivation. Celle-ci est d’autant plus accentuée lorsque les propriétaires sont nombreux à être bailleurs. Dans une ville comme Paris, il est facile de louer un logement en état médiocre.
  • Des AG mal préparées.
Quelles sont les conditions d’exécution des travaux ?

Dans 76 % des cas étudiés, l’exécution de travaux se fait sans difficultés.

Mais pour le reste, les difficultés rencontrées consistent en:

  • Des copropriétaires qui ne répondent pas aux appels de fonds. Cela a pour conséquence de retarder voire stopper les travaux quand il n’y a pas assez d’argent pour verser l’acompte aux entreprises.
  • Relation avec les entreprises : certaines entreprises ne réalisent pas les travaux dans les règles de l’art ou commettent des erreurs sur ce qui avait été prévu.

En conclusion :

La collaboration entre les différents acteurs de la copropriété doit être parfaite pour instaurer un climat de confiance et trouver une convergence vers un objectif commun. il s’agit d’un projet important qui trouvera ses racines dans la transparence de chacun et surtout dans la relation entre le syndic et le conseil syndical de la copropriété.

Voir l’étude sur le site de l’ADIL 75

Etude ADIL 75 les copropriétaires parisiens face aux travaux

 

 

 

 

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