» » » Nouvelle norme ISO 16890 pour les filtres

Nouvelle norme ISO 16890 pour les filtres

Nous passons 80% du temps en intérieur, et celui-ci est jusqu’à 50 fois plus pollué en COV que l’extérieur. La ventilation a donc un rôle majeur à jouer dans le domaine, avec un système de filtration efficace. Quels polluants retrouve-t-on ? Quelles conséquences ces polluants ont-ils sur notre santé ? Comment la norme évolue concernant les filtres ?

Les différents polluants qui nous entourent

pollution extérieureCertains phénomènes naturels mais aussi et surtout les activités humaines (transport et industrie) sont responsables d’émission de nombreux polluants dans l’air, que ce soit en intérieur ou en extérieur.

*Les polluants primaires, qui sont émis tel quel dans l’atmosphère :

  • Dioxyde de soufre (SO2) provenant de l’industrie
  • Oxyde d’azote (Nox) provenant de la combustion de combustibles fossiles
  • Hydrocarbures aromatiques polycyclique (HAP) provenant de la combustion incomplète de fioul ou de charbon
  • Composés organiques volatiles (COV) avec notamment les hydrocarbures (benzène, toluène…)

*Les polluants secondaires, issus de la transformation chimique par interaction avec d’autres molécules dans l’air :

  • L’ozone
  • L’acide sulfurique

*Les PM (particules matter), d’origine et de formes variées, elles sont classées selon leur taille :

  • Les PM10 : particules ≤ 10 µm (pollen, poussière)
  • Les PM2.5 : particules ≤ 2.5 µm (bactéries, champignons, spore de moisissure)
  • Les PM1 : particules ≤ 1.0 µm (virus, nanoparticule, gaz d’échappement)

*Les polluants provenant de l’intérieur : l’utilisation de produits ménagers, de bougies, ou encore le mobilier peuvent être source de pollution de l’air intérieur.

  • Le formaldéhyde est l’un des plus connu et se trouve dans la colle du mobilier (COV). On retrouve avec des solvants organiques, des éthers de glycol ou des hydrocarbures
  • L’amiante, bien qu’interdit d’utilisation, de nombreux bâtiments ont encore de l’amiante.
  • Le radon, présent naturellement dans certaines régions, il est cancérigène

Rôles des filtres dans la ventilation : enjeu de santé publique

Ces dernières années, les économies d’énergie ont été au cœur des constructions. Cela a induit une augmentation des isolations et de l’étanchéité à l’air afin de réduire les pertes thermiques. Mais c’est aussi responsable de la diminution des échanges d’air avec pour conséquence une accumulation des polluants à l’intérieur des bâtiments et une dégradation de la qualité de l’air intérieur (QAI). Cette dernière dépend de la teneur en gaz et en aérosol dans l’air, de la température et de l’humidité dans l’air. D’où l’importance de la filtration qui va permettre de réduire la concentration des particules présentes dans l’air.

particules-appareil-respiratoire
Entrée des particules dans le système respiratoire (Camfil)

Les particules PM1 sont les plus fines et les plus dangereuses. Elles peuvent provoquer des problèmes à court terme et à long terme notamment chez les enfants qui sont beaucoup plus vulnérables et plus sensibles aux allergènes (pollens, acariens…).

De manière générale, les particules ultrafines peuvent provoquer des maladies respiratoires et cardiovasculaires. En dessous de PM1, les particules sont les plus dangereuses car elles pénètrent dans les alvéoles pulmonaires, traversent la barrière des vaisseaux sanguins et vont affecter les organes tels que le cœur ou le foie. D’ailleurs selon le rapport EnVIE, 20% des cancers du poumon seraient dus à une mauvaise QAI.

En plus de maladies graves, il est prouvé qu’une mauvaise ventilation associée à un filtre peu efficace est responsable d’une diminution de l’attention chez les personnes, impactant la productivité au travail notamment.

Il est important de considérer que la filtration se fait dans les deux sens : de l’extérieur vers l’intérieur mais aussi de l’intérieur vers l’extérieur. S’il n’y a pas de filtre dans les systèmes de ventilation, les polluants vont stagner et entrainer non seulement des problèmes de santé pour les occupants mais également une perte de performance des installations techniques. La qualité des filtres utilisés est donc primordiale !

La nouvelle norme devient mondiale et se simplifie

norme ISO 16890C’est désormais la norme EN ISO 16890 qui vient remplacer la norme ASHRAE 52.2 des USA et la norme EN779-2012. Cette nouvelle norme mondiale, aura pour but de définir les nouvelles procédures de test ainsi que la classification des filtres.

Les procédures de test notamment seront plus exigeantes et en adéquation avec les performances réelles des filtres, afin de garantir de meilleure performance, une meilleure QAI et permettra de mieux informer les personnes sur l’efficacité  de la filtration. La dénomination est bien plus claire et indique instantanément l’efficacité du filtre. A savoir que plus un filtre est efficace contre les PM1, plus il sera efficace et performant globalement car les PM1 sont les plus petites particules.

Dans l’ancienne norme, on retrouvait les 3 gammes de filtres suivantes :

  • Filtre G : filtre grossier jusqu’à 10 µm
  • Filtre M : filtre moyen jusqu’à 2.5 µm
  • Filtre F : filtre fin jusqu’à 0.1 µm

Comparaison entre l’ancienne norme et la nouvelle norme 

NF EN 779 (2012) NF EN ISO 16890 (2017)
Efficacité mesurée sur Filtre neuf et encrassé

Médium filtrant neuf et déchargé

Filtre neuf et déchargé
Groupe de filtre G (grossier) M (moyen) F (fins) Grossier ePM10 ePM2,5 ePM1

 

Dans la nouvelle norme ISO 16890, les particules sont classées selon 4 catégories ePM1, ePM2.5, ePM10 et grossier

Classement des filtres selon la nouvelle norme ISO 16890:

Exigences
Groupe ePM1, min ePM2,5, min ePM10
ISO grossier <50%
ISO ePM10 ≥50%
ISO ePM2,5 ≥50%
ISO ePM1 ≥50%

 

Source: Camfil et Uniclima

Répondre