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Panneaux photovoltaîques, faut-il taxer les panneaux PV Chinois ?

 Panneaux solaires PV, taxe pour les produits importés Chine

Taxe sur les produits panneaux photovoltaïques d’origine Chinoise : quels effets peut-on en attendre ? Cela va-t-il favoriser ou freiner la production d’électricité photovoltaïque ? Pour ou contre, quels sont les arguments ? Et vous, quel est votre point de vue ?

Pour rappel, le contexte et la décision de l’union Européenne de taxe sur les PV Chinois : la décision de la Commission européenne est de taxer à hauteur de 47% en moyenne les panneaux solaires photovoltaïques d’origine Chinoise (modules en silicium cristallin et leurs composants essentiels (wafers et cellules)) afin de protéger les firmes européennes du secteur.

Cette décision sera publiée le 5 juin prochain et applicable de façon provisoire pour devenir définitive en décembre prochain et pour une durée de 5 ans.

Le commissaire européen Karel de Gucht indique avoir assez de preuves concernant des pratiques commerciales illégales de la part des fabricants Chinois qui bénéficieraient aussi par ailleurs de subventions financières importantes. La Chine aurait ainsi quadruplé sa capacité d’assemblage de panneaux PV entre 2009 et 2011, à un volume supérieur aux besoins mondiaux dans le secteur.

Selon Reuters, les prix pratiqués par les Chinois seraient jusqu’à 45% inférieurs à ceux des fabricants européens, ce qui leur aurait permis de capturer 80% du marché Européen.

Le contre : Qui dit droits antidumping et/ou compensatoires sur les panneaux fabriqués en Chine, dit augmentation des prix des installations, selon l’institut économique Suisse Prognos.

Et la viabilité de l’installation de modules photovoltaïques dans de nombreux marchés serait impactée négativement, autrement dit, le marché PV européen pourrait diminuer. C’est toute la chaîne de valeur photovoltaïque qui se trouverait touchée par cette baisse de la demande, des installateurs aux services d’ingénierie, en passant par les fabricants européens d’équipements de production ou des fournisseurs de matières premières et composants qui … approvisionnent la Chine, toujours selon cet Institut.

Et toujours, selon la même source, les pertes d’emploi serait d’un peu plus de 150 000 emplois (*) dans l’espace Européen. (* estimation variable suivant le taux de taxation)

Le pour : les producteurs européens de cellules, modules et plaquettes photovoltaïques pourraient voir leurs ventes augmenter, et on pourrait voir renforcer une chaîne locale (en France et Europe) de création de valeur : de la conception, à l’installation et jusqu’au recyclage en fin de vie des panneaux (la filière de recyclage est d’ailleurs déjà bien en place en Europe avec de nombreux points de collecte notamment en Allemagne).

Aux Etats-Unis, l’année 2012 a marqué un record pour les installations photovoltaïques et le nombre d’emplois dans l’industrie solaire US a augmenté de façon constante bien que des taxes anti-dumping et compensatoires aient été en vigueur. Est-ce pour autant transposable au cas Européen ? En tout cas pour PwC, cela tempérerait le résultat de certaines études ‘alarmistes’ .

Les questions : quelles utilités voient on à cette barrière douanière ? cela va-t-il permettre de relancer le panneau PV made in France, et si ou comment  et donc d’aller dans le vrai sens du développement durable avec des emplois locaux à la clé ?

Il y a de nombreux autres secteurs ou le dumping Chinois est flagrant, pourquoi les démarches ne sont pas entamées également sur ces secteurs (automobile, aviation …) ?

Et vous qu’en pensez-vous ? Alors réagissez ; ne soyez pas timide à vos stylos, tablettes, faites nous part d’exemple et partagez vos positions, idées, et même articles: contact@pages-energie.com


6 réponses

  1. Joe
    | Répondre

    Il y a deux choses, le fait que la Chine est volontairement placé leur pays en surcapacité pour casser la concurrence, et par ailleurs le prix du marché et son évolution.
    Maintenant préfère-t-on acheter des produits de Chine, souvent mais pas toujours, de moindre qualité et moins performant,ou bien préférer une production locale européenne et minimiser l’impact CO2, car la planète s’échauffe plus vite que prévu: on vient de passer les 400 ppm dans l’indifférence générale, c’est pourtant la certitude pour nos enfants et petits enfants, d’un réchauffement supérieur à 2° !!! cela parait peu mais c’est énorme: pour exemple avec 4 degrés en moins, l’Europe était recouverte d’une calotte glaciaire…
    Alors vite économisons, passons aux énergies renouvelables et minimisons les transports en produisant localement quand cela est possible.

  2. Paul
    | Répondre

    Il y a vraiment des pratiques commerciales douteuses c’est ce qu’affirme le pourtant libéral Belge Karel Degucht, mais l’Allemagne est en train de faire front et rassembler plusieurs pays pour qu’il n’y ait pas de taxe car peur de rétorsions de la Chine. Sacré feuilleton non? Paul

  3. Viviane
    | Répondre

    Vu dans la presse … Reuters a contacté 21 des 27 Etats membres et 15 d’entre eux ont dit s’opposer au relèvement des droits de douane, contre six seulement qui soutiennent le commissaire De Gucht. Les six autres ont refusé de répondre ou n’étaient pas joignables.
    Alors cèdera t on à la pression du géant Chinois ??? Viviane

  4. Jérôme
    | Répondre

    Il me semble que si la Chine a étouffé les constructeurs de PV occidentaux c’est parce que la technique inappropriée de l’incitation fiscale (les clients sont à la recherche d’une carotte) par le biais du Crédit d’Impôt par exemple, l’a appâtée. Pénaliser les installations non vertueuses, ou imposer une couverture en PV sur les pentes de toits ayant une exposition favorable seraient plus logique (c’est valable aussi pour le solaire thermique). Cela aurait contenu les prix des installations car les clients n’auraient pas visé une carotte fiscale.
    Tenter de rattraper une économie qui a été saccagée me semble une action un peu tardive. Le travail doit être fait en amont des problèmes en appliquant des principes de bon sens.

  5. SAMIA
    | Répondre

    Oui moi je dis oui, fabrication nationale voir locale, pour les panneaux photovoltaïque et pour tout le reste également. Tous ce que nous achetons viens de l’extérieur, et nous on nous taxe, alors ces panneaux qui ne sont pas de bonne qualité, vont mal vieillir et lorsqu’il faudra les remplacer, dieu sait ce que nous allons découvrir pour les recycler, et qui va payer les entreprises!!!!

  6. Alain Laffarge
    | Répondre

    Dire que 70% des panneaux solaires fabriqués sont chinois est sans doute vrai, mais avancer que les 14.000 emplois perdus depuis 2012 par la filière photovoltaïque le sont à cause de la Chine ne me paraît pas évident à soutenir…
    D’autres raisons :
    comme le nombre d’installateurs trop important qui se sont engouffrés dans la filière qui paraissait porteuse et qui parfois n’étaient pas de véritables professionnels,
    ou les conditions et le prix de rachat de l’électricité par EDF… ?
    Déjà en novembre 2011 le SER (syndicat des énergies renouvelables) s’en inquiétait.

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