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Ponts thermiques, conséquences et bonnes pratiques

S’ils sont mal gérés, les ponts thermiques engendrent des déperditions de chaleur jusqu’à 20-30% des déperditions globales d’un bâtiment lorsque son isolation est intérieure (ITI). Mais qu’est -ce qu’un pont thermique ? Pourquoi et comment faut-il les éviter ?

Un pont thermique, qu’est-ce que c’est ?

Un pont thermique est une zone ponctuelle ou linéaire avec un défaut d’homogénéité qui peut être dû à 2 facteurs :

    • Le mode de construction : il s’agit de pont thermique géométrique au niveau des angles du bâti, ce qui implique que la surface dégageant de la chaleur est plus importante que la surface absorbant la chaleur. La température surfacique diminue alors fortement au niveau de la surface interne.

 

    • Les matériaux utilisés : il se crée des ponts thermiques lorsque des éléments possédant une conductivité thermique très différente sont adjacents (par exemple au niveau des fixations de l’ITE ou de la liaison dalle/façade dans le cas d’une ITI)

 

thermographie ponts thermiques ITI
Thermographie des ponts thermiques en ITI

Les exemples les plus vu de liaison impliquant des ponts thermiques sont les liaisons dalle intérieure/balcon, dalle intérieure/façade, dalle/ balcon extérieure et dalle / acrotère extérieure

Enfin, on retrouve 3 types de ponts thermiques, dont les calculs sont spécifiques et importants à connaître notamment lors de l’étude thermique pour la construction du bâtiment :

  • Les ponts thermiques linéaires (symbolisé par psi ψ et calculé en W/(m.K)) : dus au fait que la liaison béton créée une coupure dans l’isolation thermique
  • Les ponts thermiques ponctuels (symbolisé par ki χ, définissant le coefficient de transmission thermique ponctuel calculé en W/K) : il est localisé en un seul point comme par exemple les bandes noyées traversant la couche isolante.
  • Les ponts thermiques tridimensionnels : où l’angle accentue le phénomène de flux thermique.

La réglementation thermique RT2012 impose un maximum 0.6 W/(m.K) pour ψ.

Des conséquences importantes sur le bâtiment

Les ponts thermiques ont une grande importance et sont beaucoup abordés car ils sont sources de nombreux désagréments. Premier point essentiel, ils créent un flux de chaleur de la zone la plus chaude vers la zone la plus froide ce qui entraine de fortes déperditions de chaleur et donc d’énergie. A l’heure de la transition énergétique, il est essentiel de diminuer drastiquement les consommations énergétiques et donc d’éviter le plus possible les déperditions de ce type.

Il existe également des conséquences plus visibles notamment sur le bâti en lui-même ainsi que des conséquences sanitaires graves :

 

  • Danger sur l’ouvrage : Condensation, fragilisation du bâti et insalubrité sont les principales conséquences observées par la présence de ponts thermiques. En effet, le flux de chaleur et donc la modification de la température va permettre à la vapeur d’eau (d’origine variée : pluie, humidité des sols, vie des occupants) d’atteindre le point de rosée. Ce point de rosée, appelé également température de condensation, est la température à partir de laquelle l’humidité qui se trouve sous forme de gaz dans l’air se retrouve sous forme de liquide (en gouttelettes). Le point de rosée dépend donc de l’humidité relative de l’air ambiant, c’est-à-dire du pourcentage de vapeur d’eau contenu dans l’air, ainsi que de la température.

 

  • Dangers sanitaires : principalement la formation de moisissure. Il faut savoir que le taux d’hygrométrie pour le développement des
    moisissure-mur
    Des moisissures peuvent apparaître au niveau des ponts thermiques

    moisissures est aux alentours de 80%. La condensation provoquée par les ponts thermiques apporte un terrain favorable aux moisissures, pouvant entrainer des symptômes respiratoires, de l’asthme, des allergies voire même des troubles neurologiques. Ce n’est donc pas à prendre à la légère et il est primordial, en plus de vérifier l’absence de moisissure, d’assurer une très bonne ventilation.

Les conséquences de la condensation à l’intérieur du mur ne sont observables qu’après l’apparition des moisissures (car le taux d’humidité pour le développement des moisissures est en dessous de la température de condensation).

Bonnes pratiques à tenir lors de la construction

Il est très important de connaître la température superficielle minimale au niveau du pont thermique pour évaluer la possibilité d’apparition de condensation et moisissures (condensation vu après la moisissure donc si seulement vu de la condensation c’est qu’il y a déjà des moisissures).

Rupteur de pont thermique Schöck
Rupteur de pont thermique Schöck

Deux solutions majeures sont à retenir pour éviter un maximum les ponts thermiques :

Privilégier une ITE : L’isolation thermique par l’extérieur (ITE) va permettre de créer une enveloppe continue sur le bâtiment et va donc permettre d’éviter toute discontinuité. Les ponts thermiques seront alors très fortement limités.

Rupteurs de ponts thermiques : Ce sont des dispositifs constructifs placés en bout de dalle pour obtenir ainsi une isolation continue. Ils sont composés d’une partie isolante traversée par des barres en acier inox pour permettre de désolidariser la dalle de la façade. Ils sont à placer au niveau des liaisons et il en existe différents modèles en fonction de l’application. La mise en place de rupteurs de ponts thermique n’est possible que pour des constructions neuves ou les grosses rénovations.

 

Les ponts thermiques font partie des priorités à gérer lors de la construction, et c’est également pour cela qu’une isolation thermique par l’extérieur est à privilégier, pour assurer les meilleures performances possibles au bâtiment.

Source: Schöck

Une réponse

  1. JMN
    | Répondre

    Bonjour,

    La RT2012 impose 2 exigences sur les ponts thermiques (article 19 de l’arrêté du 26 octobre 2010) :
    – le ratio de transmission thermique linéique moyen global des ponts thermiques du bâtiment n’excède pas 0,28 W/m².K
    – le coefficient de transmission thermique linéique moyen des liaisons entre les planchers intermédiaires et les murs donnant sur l’extérieur ou un local non chauffé n’excède pas 0,6 W/m.K

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