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Pourquoi pas un prix du baril de brut encore plus bas !

Le baril de brut de pétrole a atteint 80 dollars le 25 novembre 2014 et on parle de la durabilité de la baisse de prix du pétrole pour plusieurs raisons : croissance économique en berne, stock élevé d’or noir sur le marché. Cette baisse des prix perdure depuis l’été et continue sans relâche et sans laisser entrevoir une fin, nous avions un baril à 115 dollars début juin.

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variation prix du pétrole
Quels sont les facteurs qui semblent pérenniser cette baisse ?

L’essoufflement de l’économie chinoise ;

La Lybie qui, sortant péniblement de son printemps, recommence à produire de façon massive (800000 barils par jour) ;

Le pétrole de schiste du Dakota qui renforce l’indépendance énergétique des américains ;

L’OPEP qui joue la baisse des prix du pétrole face au pétrole schisteux des américains et aux forages en mer des autres et ainsi freiner leur concurrence.

Le peu d’impact de l’offensive de l’Etat Islamique en Irak sur les volumes de barils disponibles ;

Le peu d’inquiétude quant aux menaces pesant à l’encontre de la Russie suite aux événements ukrainiens ;

L’impact non négligeable des économies d’énergie déjà engrangées dans tous les secteurs d’activité ;

Les technologies d’exploration-production du pétrole qui progressent et ont un impact très positif sur les prix de revient et donc les marges des pétroliers ;

Alors, est ce une bonne nouvelle ?

L’essence voit son prix diminuer au point d’annuler l’impact de la taxe sur le gasoil ;

Les transports reconstruisent leur marge en économisant plus de 300 millions d’euro en un an, sans oublier les industries consommatrices d’hydrocarbures.

Mais il y a plusieurs revers à la médaille !

Les tensions politiques chez les pays producteurs dont leurs économies intérieures dépendent du prix du baril ;

Quand point la menace de la déflation suite à la baisse du prix des énergies, on évoque la récession ;

L’encouragement à consommer de l’énergie fossile moins chère que de l’énergie renouvelable.

Lesquels de ces revers pèsera contre la transition énergétique ?

Un regain de faveur pour les climato-sceptiques et la géo-ingénierie ?

De futures difficultés pour le futur sommet de Paris sur le climat ?

Le triptyque : émission de gaz à effet de serre (GES) – augmentation des coûts des énergies fossiles – valorisation de son patrimoine immobilier, fondement de l’argumentation pour la vente des travaux de rénovation énergétique, verrait-il un de ses piliers voler en éclat ?

Revenons aux fondamentaux !

Tout d’abord le rythme de notre consommation d’énergie qui fait que l’on aura utilisé en peu de siècle l’énergie fossile qui a mis des millions d’années à se créer. Le stock d’énergie est bien limité, peut être ne s’agit-il pas d’une limite fixée à 40 ou 60 ans mais plutôt 100 ans, mais dans tous les cas, le résultat est le même, la limite est fixée à demain.

Ensuite l’inertie, même si il y a une stabilisation des émissions de gaz a effet de serre, la concentration actuelle dans l’atmosphère des GES est déjà effective et son impact que nous constatons aujourd’hui est irréversible pour les prochaines décades, une diminution des GES aujourd’hui ne provoquera pas une stabilisation des températures aussi directement. La maitrise de nos émissions de GES est obligatoire, ne connaissant pas le résultat réel de ce qui est déjà dans l’atmosphère à cause de notre propre activité.

Enfin, l’augmentation de la population reste le point essentiel : qui dit plus de monde, dit plus de besoin donc plus de consommation.

industrie

L’inertie de notre modèle économique et industriel, très dépendant des énergies fossiles, est importante et la transformation prend du temps. Nous restons ancrés à des modes de pensée du début du 20ième siècle. La modification de nos comportements est à entreprendre dès aujourd’hui, L’influence humaine sur l’environnement est de plus en plus massive et de plus en plus condensées dans le temps, elle interrompt et modifie des cycles naturels, et nous conduit vers un seuil d’irréversibilité.

Alors oui, le prix du baril de brut peut baisser encore, nous diminuons notre dépendance aux énergies fossiles et nous n’en aurons plus besoin.

Le véritable enjeu est la transformation de notre modèle de société vers un modèle plus respectueux des cycles naturels.

Pour aller plus loin :

Un article du monde du mois de septembre 2014

Un article sur la géo-ingénierie

3 réponses

  1. Marie Cecile
    | Répondre

    Merci pour cet excellent article.
    Oui toutes les raisons que vous donnez sont justes mais c’est surtout le fait que certains pays producteurs veulent rendre le pétrole de schiste non rentable qui entretient ce phénomène transitoire.
    Comme vous le souligniez, il est nécessaire d’agir et avancer: alors, pour terminer avec un point positif, plus de la moitié des nouvelles unités de production d’énergie mises en services en 2013 étaient d’origine renouvelable, certains pays avancent dont la Chine et les US qui sont pourtant les deux plus gros contributeurs aux changements climatiques.
    Marie Cecile

  2. Jean-Paul
    | Répondre

    La résurgence de la production des Etats-Unis, amorcée en 2007 y est également pour quelque chose je pense. Ils s’approchent désormais de plus en plus de l’auto-suffisance et pourraient redevenir les premiers producteurs mondiaux en 2017. Cela diminue la demande américaine et augmente l’offre à l’échelle mondiale, et contribue donc également à la baisse des prix. Il ne faudrait pas cependant que cette baisse freine le développement des énergies renouvelables.

  3. Olivier
    | Répondre

    Et pourtant le prix n’est de loin pas similaire à ce qu’il était avant… A l’époque le diesel coutait moins d’un euro le litre avec un baril au même prix, ou passent ces dix centimes à chaque litre ?

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