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Pourquoi un hôtel, un centre de vacances, un gîte entreprendrait une démarche éco-construction ? – Mai 2010


Pourquoi un centre d’hébergement comme un hôtel, un gîte ou encore un centre de vacances entreprendrait une démarche éco-construction?
Si tel est le cas, quels sont les critères ou actions qui sont associés ou qui implique que la démarche est « eco-constructive ».

Il y a des critères environnementaux,du bâti lui-même et des abords du bâti, les matériaux utilisés lors de la construction ou de la rénovation, la gestion des déchets liés à l’activité du centre d’hébergement, la gestion de l’eau et la gestion des énergies.

Les critères environnementaux du bâti sont de deux ordres et à traiter au mieux en fonction des possibilités et de l’existant comme : la conservation du caractère du bâti en terme de volumes extérieurs, d’agencement des façades, de l’utilisation de matériaux qui primait au moment de la construction (dans le cas d’une rénovation ou d’une extension d’un bâti ancien), voire l’associer à des méthodes de mise en œuvre qui prévalaient à ce moment là. Il est clair qu’une démarche concertée avec des professionnels semblent nécessaire pour valider la possibilité, et le coût de tels critères de rénovation ou de construction.

Un des sujets qu’il est nécessaire de prendre en compte en termes d’environnement, mais aussi en termes de confort de vie, est l’isolation phonique interne (cloisons, portes, planchers) et externe (fenêtres, volets, revêtements…) pour réduire les effets du bruit et les déperditions d’énergie.

Les abords du site et le traitement des espaces extérieurs du centre  d’hébergement doivent aussi être pris en compte dans la démarche  environnementale.
Un jardin, des arbres, des fleurs sont des éléments qui contribuent au bien-être d’une clientèle (souvent urbaine) mais aussi en terme de fraicheur (durant l’été), l’atténuation des bruits, le camouflage de certaines partie du bâti (citernes, local poubelle, …).
Il ne faut pas hésiter à avoir une approche globale des espaces verts qui s’attache :
à la conception et à l’aménagement en tenant compte du climat, de l’orientation et de la consommation d’eau induite par les différentes zones de l’espace vert ;
à analyser les sols pour connaitre les caractéristiques physiques et chimiques des sols dans la mesure où ces facteurs sont indispensables au choix des plantes les plus adaptées (choisir des essences principalement locales) mais aussi les ruissèlements ;
à gérer les zones de gazon au mieux (en faut-il beaucoup ?) ;
à optimiser les arrosages (réduction des fuites, eau pluviale provenant de récupérateur) ;
à réduire l’évaporation des sols (paillage), et enfin
à entretenir régulièrement (ramassage plantes sèches, arrosage régulé…) , c’est un des principaux facteurs de maitrise des coûts.

Les matériaux qui entrent en jeu dans la rénovation ou la construction du bâti représentent aussi de par leur nature un des points important dans l’éco-construction. Une peinture sans COV (composant organique volatile) devrait être la règle. Les normes qui caractérisent désormais les produits et matériaux facilitent le choix. Le formaldéhyde est à bannir de tous matériaux utilisés ! On trouve le formaldéhyde dans certains revêtements de sols stratifiés, dans les mousses isolantes, les vernis pour parquets, certaines moquettes, les textiles d’ameublement infroissables tels que les rideaux et certains produits nettoyants pour sols.
Dans certains cas, et certains lieux, il est aussi possible d’utiliser des matériaux fabriqués localement (en Picardie: le lin, dans l’Aube: le chanvre, ou autres expertises et métiers locaux…). Des filières s’organisent pour industrialiser ces nouveaux matériaux plus sains et plus efficaces.

La gestion des déchets est une part importante dans la gestion au quotidien d’un centre d’hébergement (particulièrement s’il y a une restauration associée) mais pour le coup il suffit de respecter les règles de tri. Maintenant l’ensemble des communes de France sont dotées de dispositifs de tri et de recyclage des déchets ménagers. Certains déchets peuvent même servir au potager ou au jardin (compost). L’installation de distributeurs rechargeables de savons, shampoings et gels douche est un plus et il peut être utilisé des produits et articles recyclés et recyclables.

Concernant la gestion de l’eau, deux critères fondent la base de cette gestion que sont les économies d’eau et la maitrise et retraitement des eaux usées.
Les économies d’eau sont faites grâce à l’installation de réducteur de débit, réduction des cuves de chasse d’eau (maximum 6 litres) et commande sélective, faire en sorte qu’une eau arrive rapidement à la température souhaitée (diamètre des tuyaux de distribution, mitigeur,…) et utiliser des appareils électroménager à faible consommation d’eau.
Une vigilance toute particulière est à apporter à l’entretien régulier du circuit d’alimentation en eau pour réduire les fuites.
La mise en place d’un système de récupération des eaux pluviales est très importante. Cette eau récupérée va pouvoir alimenter les espaces verts (voir plus haut) mais aussi les points d’eau non potables (WC).
Pour un centre d’hébergement, des installations de traitement des eaux peuvent aussi traiter toutes les eaux usées, qu’il s’agisse d’eaux dites “noires” (WC et cuisines) ou d’eaux grises (douches et lavabos), ces dernières pouvant être ensuite réutilisées pour l‘arrosage des jardins mais aussi revenir dans l’alimentation des points d’eau non potable (WC). La mise en place d’un double circuit de distribution d’eau (eau potable, eaux de récupération) et d’un double circuit de récupération des eaux usées est indispensable pour garantir une bonne gestion de l’eau.

La gestion des énergies et la mise en place de système d’économie d’énergies restent les points les plus importants en termes d’éco-construction et développement durable du centre d’hébergement.
Au delà de la facture de consommation des énergies, il s’agit aussi de tenir compte de l’empreinte carbone du site. Un diagnostic thermique préalable va permettre de sérier les problèmes de consommation d’énergie et de mettre en place un plan d’action efficace. L’approche doit être globale et tenir compte des modes de chauffage, de l’eau chaude sanitaire, des éclairages intérieurs et extérieurs et de la climatisation, de la ventilation, des appareils électroménagers

Il faut privilégier les énergies renouvelables et les ressources locales (bois, solaire,…), associer à l’isolation phonique citée plus haut, à l’isolation thermique, isoler les tuyaux d’eau chaude, installer des thermostats, mettre des détecteurs de présence pour l’éclairage extérieur, …

Une conception bioclimatique s’attachera à réduire les besoins en énergie avec des actions sur les surfaces vitrées, les parois du bâti, la composition des planchers, l’isolation, la volumétrie des pièces.

Maintenant arrêtons-nous un instant sur les bonnes raisons d’agir dans le sens d’une démarche éco-construction pour une structure d’hébergement.
Nous pourrions en citer plusieurs mais nous en ressortirons certaines comme :
– la réduction des couts et la maitrise des charges d’exploitation qui est, bien entendu, une approche à long terme mais est aussi garante de la valorisation de la structure d’hébergement ;
– renforcer l’image de la structure d’hébergement et l’utiliser dans sa communication (centre de tourisme, département, région, internet,…) ;
– participer à l’attractivité du territoire et consolider le patrimoine touristique du site en préservant les ressources naturelles qui renforce ainsi son image et en fait un avantage concurrentiel par rapport aux autres destinations (développement de l’éco-tourisme rural par exemple) ;
améliorer la satisfaction de la clientèle dont une des attentes majeures est la protection de l’environnement (avec le bien-être, la quête de sens, le coté affectif associé au lieu de vacances) ;
– mobiliser et fidéliser le personnel autour d’un projet citoyen dont il faut en définir le contour et les enjeux ;
– et enfin devancer l’application des nouvelles réglementations environnementales.
Une première étape est de toute évidence de faire une analyse préalable et de ne pas hésiter à faire un dossier d’investissement complet associé à des retours sur investissement quantitatifs et qualitatifs (tout n’est pas mesurable).

Pour aller plus loin quelques supports :
L’ADEME participe au projet européen EETI “Excellence énergétique dans l’industrie hôtelière” qui a pour objet de renforcer la prise en compte de l’efficacité énergétique et des énergies renouvelables dans les hôtels européens de petite et moyenne taille : http://www.hotelenergysolutions.net
Xeriscape et xero-gardening : technique provenant des zones chaudes américaines permettant une approche des espaces verts en fonction de la consommation d’eau.
Blog du développement durable en CHR – (payant)
Le site tourisme de la Dgcis et les différents sites régionaux et départementaux
Depuis octobre 2009 par l’article 10 de la loi de développement et de modernisation des services touristiques, une nouvelle classification rentre en vigueur
La nouvelle classification des hôtels en France en date du 23 décembre 2009

Conférence Pages-Energie le mardi 22 juin 2010 :
Pages-Energie organise le mardi 22 juin prochain une matinée conférence dédiée à la rénovation et la performance énergétique des bâtiments tertiaires et plus précisément dans le secteur hôtelier.
Pour accéder au programme complet et vous inscrire

8 réponses

  1. Jacques.B
    | Répondre

    Quels sont les hôtels titulaires de l’éco-label ?

    Pour recevoir l’éco-label européen, les hôtels doivent avoir mis en place un certain nombre d’actions dans le domaine de la performance environnementale dans le but de :
    – limiter la consommation d’énergie et d’eau,
    – diminuer la production de déchets,
    – favoriser l’utilisation des ressources renouvelables,
    – sensibiliser la clientèle sur la préservation de l’environnement.

    Afnor Certification est chargée de délivrer l’éco-label aux établissements touristiques français qui en font la demande.

    Voir : Afnor Certifications et éco-labels : http://www.afnor.org/liste-des-actualites/actualites/2010/mars-2010/certifications-et-ecolabels-faites-reconnaitre-votre-demarche-environnementale-et-demarquez-vous-!-des-entreprises-temoignent

    La liste des hôtels ” éco-labellisés ” en France (mars 2010) : http://www.rsenews.com/public/tourisme/doc/France-Hotels-Ecolabel-0310.pdf

  2. KêrVert
    | Répondre

    Cocorico… Breton ! 😉
    En Mars 2009, l’hôtel LECOQ-GADBY à Rennes a reçu le Label Ecologique Européen pour l’ensemble de ses services. LECOQ-GADBY est aujourd’hui le seul hôtel 4 étoiles (selon mes sources bretonnes) en France à détenir en même temps la certification HotelCERT : http://www.hotelcert.com pour la qualité de ses services et l’Ecolabel Européen pour son management environnemental.
    Le site de l’hôtel HQE : http://www.lecoq-gadby.com
    Kenav !

  3. Kevin
    | Répondre

    Des grands groupes s’impliquent dans le “DevDur” (Développement Durable), et ce n’est pas nouveau !

    Un petit exemple d’un grand groupe : le CLUB MED :
    Voir : http://www.clubmed-corporate.com/?cat=63

    En 2005, le Club Méditerranée se dote d’une Direction du Développement Durable.
    Son leitmotiv : privilégier le travail de fond, pour inscrire les actions dans l’ensemble des métiers et les ancrer dans la durée.

    Ainsi en 2006, ont été menées en parallèle 4 types d’études, croisant les points de vue de 4 types de parties prenantes différentes :
    – point de vue du grand public : avec une étude réalisée par l’Ipsos
    – point de vue institutionnel : avec une notation extra financière sollicitée, réalisée par BMJ Ratings
    – point de vue interne, avec un autodiagnostic environnemental
    – point de vue scientifique, avec la première Analyse des Cycles de Vie (ACV) d’un village de vacances, réalisée par Bio Intelligence Service avec le soutien de l’Ademe

    Des axes prioritaires ont été identifiés, sur les plans environnemental, social et sociétal, et font l’objet de démarches de progrès en transversalité avec toutes les directions concernées :

    Concernant l’environnement (sujet de l’article ci-dessus) :
    – Développer la construction Haute Qualité Environnementale ;
    – Structurer le management environnemental des villages ;
    – Améliorer la gestion des déchets ;
    – Développer les achats éco-responsables sur les catégories de produits sensibles.

    Avril 2010, le CLUMED officialise son premier projet d’éco-construction… Le premier village de vacances HQE en France à Valmorel (Savoie) : http://www.clubmed-corporate.com/wp-content/uploads/2010/04/CP-Valmorel1.pdf

    Les exemples sont légion… Les professionnels du tourisme et de l’hôtellerie sont des acteurs actifs du développement durable !
    KS.

  4. pro BTP
    | Répondre

    Le premier Hôtel Best Western de France certifié « NF Bâtiments tertiaires – Démarche HQE » ouvrira ses portes en Septembre 2010.

  5. Marie. C.
    | Répondre

    Une petite idée au passage : un zest de marketing vert dans les guides !
    Pourquoi les guides Gîtes de France, Guide Michelin etc. identifiraient pas les hôtels, les gîtes et chambres d’hôtes éco-reponsable !?
    MC

    • Bib
      | Répondre

      Début février les guides Michelin ont lancés un guide d’écotourisme : ” Vacances au vert ”

      Ce guide regroupe 250 adresses insolites « au plus près de la nature » partout en France. Classées par région, chacune des enseignes est présentée sur deux pages.

      Les critères de sélection retenus par les inspecteurs du guide :
      – La qualité,
      – Le confort,
      – Le respect des sites et des paysages.

      Pour acheter le guide (Prix : 17,90€) : http://www.michelin-boutique.com/vacances-vert-guide-ecotourisme-nouveaute-2010-p-892.html#xtor=AD-515

      • Kevin
        | Répondre

        Il y a aussi le guide du routard Tourisme durable.
        Il recense les hôtels, restaurants, loisirs et professionnels du voyage respectueux des principes du développement durable (vacances ou des week-ends en France, en respectant leur environnement, sans pour autant se ruiner). Edité en partenariat avec l ‘ADEME, le Comité 21…

  6. BuZZ78
    | Répondre

    Le Groupe hôtelier Hilton (+ de 3500 hôtels dans le monde) à réduit sa consommation d’énergie de 5% ! Mais aussi -2,4% d’eau ; -6% de CO2 et -10% de déchets sur 2009 (première année de test de son programme Lightstay portant sur 1300 hôtels du Groupe)… http://www.environmentalleader.com/2010/04/21/hilton-lightstay-program-helped-save-29m-in-2009/ (en anglais dans le texte)

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