» » » Qualité de l’air intérieur et efficacité énergétique dans les bâtiments

Qualité de l’air intérieur et efficacité énergétique dans les bâtiments

 Qualité de l’air intérieur et  efficacité énergétique

Comment allier l’efficacité énergétique des bâtiments et qualité de l’air (QAI) en résidentiel et tertiaire ? Isolation et qualité de la ventilation indissociables.

Le Plan d’actions sur la Qualité de l’air intérieur : le 23 Octobre 2013, Le ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie et le ministère des Affaires sociales et de la Santé rend public un Plan d’actions sur la qualité de l’air intérieur donnant des propositions de la Conférence environnementale de septembre 2012.

Dans ce plan, qui devrait être adopté courant 2014, il est prévu des actions incitatives préparant aux des évolutions réglementaires notamment dans le cadre des dispositifs liés à la performance énergétique des bâtiments.

Ces mesures sont particulièrement centrées sur le renforcement du volet impact sur la qualité de l’air des matériaux et des méthodes de mise en œuvre dans labels et certifications, sur la mobilisation de la filière sur les problématiques d’aération-ventilation dans les processus de réhabilitations thermiques, l’utilisation de matériaux construction et de décoration classés A+ en termes d’émissions de polluants volatils…

La sensibilisation sur la QAI au niveau des collectivités : d ‘autres initiatives existent comme par exemple le congrès les respirations à l’initiative de la mairie d’Enghien les bains et d’AIRCOLOGY qui a tenu sa neuvième édition ce vendredi 8 novembre 2013.

Citons aussi, l’observatoire de la qualité de l’air intérieur, l’OQAI, qui est missionné par les Pouvoirs Publics pour mieux connaître la pollution intérieure et ses origines et participe à l’apport de solutions adaptées à la prévention et au contrôle de cette pollution, en sensibilisant les professionnels mais aussi le grand public.

 

Transition énergétique et impact sanitaire : allier l’efficacité énergétique des bâtiments et qualité de l’air porte deux objectifs majeurs :

① Premier objectif : une approche sanitaire afin de réduire et réglementer l’impact des éléments pathogènes sur la santé sachant que nous passons près de 90 % de notre temps dans un environnement fermé, chez soi ou au travail, soumis à des émissions en provenance des équipements, des composants constructifs ou décoratifs des bâtiments, des produits d’entretien, de nettoyage, des cosmétiques et à nos modes de vie.

Si ces impacts ne sont plus à prouver, dans la plupart des cas on oublie leurs impacts ou tout du moins l’impact d’une mauvaise ventilation qui réduit fortement la mémorisation, la rapidité de lecture et autres formes de la performance intellectuelle de chacun.

② Second objectif : le Bâtiment est une élément majeur de la transition énergétique 45 % des consommations énergétiques et environ 25% d’émission de CO2 en France. Nous devons faire face à une explosion de la précarité énergétique, à la nécessaire réduction de nos consommations, et la réalisation de bâtiments à faible consommation d’énergie (neufs et en rénovation) est INDISPENSABLE.

Les travaux sur l’efficacité énergétique passent par des actions au niveau de l’enveloppe thermique comme l’isolation des parois, le traitement des ponts thermiques et des sources d’infiltrations. Ces travaux ont un impact fort sur la gestion du renouvellement et la qualité de l’air et tout particulièrement dans les ERP comme les lieux de scolarisation et lieux de travail.

Ces deux objectifs illustrent parfaitement la synergie entre la transition énergétique des bâtiments et les impacts sanitaires. Ceci requiert aussi une vision transversale afin de ne pas créer des effets contradictoires : isoler les bâtiments entraîne des économies d’énergie, certes, mais peut avoir pour effet de renforcer la pollution de l’air intérieur de part une utilisation de matériaux non adaptés et un manque dans la mise en œuvre de systèmes efficaces de ventilation.

Pour rappel, un bâtiment dit « durable » est un bâtiment traité au niveau de la consommation et de la gestion des énergies, de l’eau, de l’air et des déchets et la transversalité de la mise en œuvre d’une efficacité énergétique considère le thermique, les énergies et le sanitaire comme un ensemble.

La qualité de l’air se mesure : La qualité de l’air s’apprécie d’un point de vue confort et sanitaire selon des critères de température et de taux d’humidité, d’apport d’air extérieur qui le renouvelle, de vitesse de circulation à l’intérieur du bâti, et de sa teneur en composants nocifs comme le CO2 (dioxyde de carbone), le CO (monoxyde de carbone) et les COV (composants organiques volatiles).

Les sources d’émissions de composés chimiques dans les environnements intérieurs sont très nombreuses comme par exemple : les composés organiques volatiles (COV), utilisés dans la fabrication de nombreux produits et matériaux (peinture, vernis, colles, moquette, carrelage, nettoyants, tissus neufs, etc.).

Les composés, comme le benzène ou le formaldéhyde, présent dans de très nombreux produits d’usage courant : bois agglomérés et contreplaqués (tant dans le mobilier que dans les matériaux de construction), mousses isolantes, laques, colles, vernis, encres, résines, papier, produits ménagers, insecticides, etc.

L’ozone émis par les imprimantes laser, télécopieurs et photocopieurs.

La réaction entre les composés organiques volatils présents dans l’air intérieur peut d’ailleurs conduire à la formation de polluants secondaires pour certains potentiellement nocifs pour la santé humaine comme l’ozone par exemple. Ces composés sont souvent plus nombreux et plus concentrés à l’intérieur qu’à l’extérieur compte tenu de la multiplicité des sources et ont des effets irritants sur la peau, les muqueuses et du système pulmonaire, provoquent des nausées, des maux de tête et vomissements, des maladies respiratoires (asthme).

Certains sont classés cancérigène chez l’homme. Voir à ce propos le lien : cliquez ici

Pour la maison et le résidentiel : Peu de lois et décrets sur la qualité de l’air (QAI) s’appliquent pour les lieux de vie privés. Réglementations trop timides diront certains. Des textes existent pour les lieux de vie publiques (ERP) et pour les lieux de travail.

Ces normes et décrets proposent des niveaux d’acceptation : norme ISO 16814:2008, norme X 43-404 : Air de l’habitat domestique et locaux collectifs.

La norme européenne EN 13779 qui s’applique à la conception de système de ventilation pour les bâtiments non résidentiels. Des fabricants et industriels proposent des produits dits naturels : voir notre article sur les peintures et quelques règles d’usage restent d’actualité .

Plus d’information sur le site et la lettre eco acteur de l’Ademe  : cliquez ici

Des changements pour 2014 : Depuis juillet 2013, une consultation publique lancée par le gouvernement actuel va tenter de simplifier la réglementation sur la qualité de l’air intérieur et ceci dans le cadre du Comité interministériel pour la modernisation de l’action publique (Cimap),

D ‘autre actions sont envisagées au niveau de la commission européenne qui proposera une stratégie à partir de l’automne de cette année.

Un nouveau métier pour mesurer et suivre la QAI : Quoiqu’il en soit et face à ce constat, un nouveau métier voit le jour, qui consiste à réaliser de véritables enquêtes afin de détecter les auteurs de la pollution de l’air intérieur.

Les technologies actuelles deviennent accessibles aux professionnels et gestionnaires de patrimoine dans le cadre de bâtiment tertiaires mais restent très limités pour les particuliers.

Des sociétés spécialisées peuvent venir réaliser des mesures chez vous ou mettre à disposition des kits de mesure à renvoyer pour analyse.

Mesurer le CO2 et le CO, c’est aujourd’hui très simple, et cela permet de savoir quand ouvrir ses fenêtres pour aérer ou piloter sa ventilation, mais pour tous les autres composants qui sont dans l’atmosphère des maisons et ayant un effet néfaste sur la santé, il existe un véritable essor vers des solutions de mesure mais rien n’est encore complètement disponible à ce jour pour le grand public.

Signalons enfin un exemple de solution de système de purification d’air ici dans le cadre de la petite enfance: cliquez ici

Sources : site ministère de l’écologie, les respirations d’Enghiens les Bains, site pages-energie

 


Répondre