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Quelles sont les barrières aux actions citoyennes de lutte contre le réchauffement climatique ?

Une du New Scientist juillet 2015
Une du New Scientist juillet 2015

Il existe un réel fossé entre notre opinion sur le réchauffement climatique et nos actions pour y remédier. Malheureusement ce sont les actions qui comptent et non les bonnes intentions. Pourquoi les personnes qui veulent agir contre le réchauffement climatique, n’en font souvent rien ?

Une étude parue dans le magazine New Scientist évoque les barrières majeures à l’implication de la population dans le problème du réchauffement climatique. Voici une dizaine de ces raisons :

Un cerveau ancien: Notre cerveau n’a pas vraiment évolué en 30 000 ans. Naturellement nous avons toujours tendance à nous préoccuper de l’ici et maintenant, des dangers proches, plutôt que de se soucier des impacts progressifs et souvent distants du réchauffement climatique. Cela nous rend lent à agir.

L’ignorance: L’ignorance se décline de 3 façons : ignorer l’existence du réchauffement climatique, ne pas savoir quoi faire lorsqu’on est au courant de son existence et recevoir de fausses informations. L’étude a testé les connaissances de Canadiens sur le réchauffement climatique, en moyenne ils ne pouvaient répondre correctement qu’à 1.5 questions sur 6. Il y a également un manque de connaissance sur les actions à mettre en œuvre, comment les entreprendre et quels en sont les bénéfices sur le climat. Et les réponses ne sont pas toujours universelles ni évidentes. Enfin, l’ignorance est alimentée par des groupes ayant un intérêt personnel à polluer, qui rejettent le doute sur la climatologie.

Le manque de « stimulation environnementale »: Nous nous occupons sélectivement des problèmes et des éléments qui nous paraissent essentiels, et quelques fois aux dépends de ceux moins essentiels mais plus dangereux. C’est ainsi qu’arrivent les accidents. Nous avons tendance à considérer le réchauffement climatique comme dangereux mais pas essentiel car il ne cause pas assez d’ennuis personnels, et cela rend l’action peu probable.

Lorsque les gens regardent une publicité plusieurs fois, ils s’y habituent, puis arrêtent d’y prêter attention. Il en est de même pour le réchauffement climatique : en entendre parler trop souvent, spécialement quand le message ne varie pas, paralyse le message et atténue les bons comportements.

L’incertitude: L’incertitude, réelle ou perçue, enraye les comportements pro-environnement. Par exemple, il a été demandé à des personnes combien de poissons d’un océan hypothétique ils pêcheraient : plus le nombre de poissons qui resteraient était incertain, plus ils choisissaient d’en pêcher. Les gens ont tendance à interpréter tout signe d’incertitude comme raison suffisante pour agir dans leur propre intérêt. Le problème est donc de savoir comment présenter honnêtement les probabilités des conséquences du changement climatique sans dévaloriser le problème.

L’atténuation: Nous avons tendance à dévaluer les risques lointains et futurs. D’après l’étude, des citoyens de 15 pays sur 18 pensent que les conditions environnementales sont pires dans d’autres pays. Du moment que les conditions sont présumées être pires ailleurs et dans le futur, les gens seront moins motivés à agir.

L’optimisme: L’optimisme est généralement une vision saine et désirable. Cependant, il peut être excessif au détriment du bien-être. Par exemple, de nombreuses personnes sont trop optimistes sur leurs chances d’avoir un mariage heureux ou éviter la maladie. Ils sont aussi excessivement optimistes sur les risques environnementaux.

Le fatalisme: Le réchauffement climatique est un problème diffus et mondial. Beaucoup n’agissent pas car ils pensent que leur comportement n’a qu’un faible voire aucun impact sur les conséquences. C’est du fatalisme : le sentiment que rien ne peut être fait, pas seulement par soi-même, mais aussi par l’action humaine collective.

La confortation: Nous aimons entendre que nous avons raison. Par conséquent, les gens préfèrent lire et regarder des médias qui les confortent dans leurs convictions. Ce qui n’incite pas à changer de comportement…

Le temps c’est de l’argent: Des études montrent que la plupart des individus voient leur temps disponible en termes monétaires. L’argent est l’incarnation de l’intérêt personnel, et donc quand le temps de quelqu’un y devient associé, l’environnement souffre.

L’incapacité: Beaucoup d’actions pro-climat requièrent quelques connaissances, compétences ou capacités supplémentaires. Certaines personnes se sentent incapables d’agir de ce fait.

A la veille de la COP21 (conférence des nations unies sur les changements climatiques à Paris), où en est la France dans ses objectifs de réduction d’émission de gaz à effet de serre ? A suivre…

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