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Réaction des professionnels du photovoltaïque suite au discours du Premier ministre devant le CESE

Collectif TPAMPSNous reproduisons ci-après le communiqué de presse du 22 février 2011 du collectif “Touche pas à mon panneau solaire” (TPAMPS).

Réaction au discours du Premier ministre concernant le développement de la filière photovoltaïque devant l’assemblée plénière du CESE le 22 février 2011.

Photovoltaïque: Le premier ministre propose de capituler devant les intérêts privés et l’inertie de l’administration, de tourner le dos aux réductions de coûts et d’entériner les pratiques mafieuses.

Dans son discours du 22 février 2011 devant le Conseil économique, social et environnemental, François Fillon annonce une bonne nouvelle: la révision de la Programmation Pluriannuelle des Investissements en 2012.

En attendant, il propose de capituler devant les intérêts privés et l’inertie de l’administration, de tourner le dos aux potentiels de réduction de coûts et d’entériner les pratiques mafieuses en place:

– Le discours reprend telle quelle l’intégralité de la file d’attente selon le rapport Charpin, y compris la file d’attente controversée d’RTE (filiale du groupe EDF) composée à 98% de projets des filiales du groupe EDF et renfermant nombre de projets géants “saucissonnés”contraires à l’esprit de l’obligation d’achat. Il n’y aurait donc ni filtrage des nombreux projets abusifs, ni reintégration des dossiers retoqués à cause de la qualité de service pitoyable du gestionnaire de réseau ERDF (autre filiale du Gourpe EDF). Seul un vague “taux de chute” est évoqué à travers la conjecture de l’aboutissement de 2.000 MWc sur les 3.400 MWc de la file d’attente. Le travail de tri n’est pas fait, les souffrances et destructions d’emploi du moratoire n’auront servi à rien.

– Les deux tiers des projets à développer jusqu’à 2012 relèveraient ainsi des anciens tarifs. Le volume de nouveaux projets bridé par quotas serait insuffisant pour permettre une concurrence amenant des baisses de prix.

– Aucune simplification technique ou administrative n’est évoquée. Cela exclut la réduction du differentiel de 30% actuellement constaté au niveau des prix de vente clefs en main des installations par rapport à l’Allemagne. Cela empèche également une reprise en main efficace du pilotage tarifaire rendu extrèmement difficile par les latences de réaction marché (les délais de raccordement français sont 4 fois supérieurs à l’Allemagne: un projet typique de 3 semaines de chantier pour 1000m2 de toiture s’étend actuellement sur une période de plus d’un an à cause d’ERDF).

  • Les conflits d’intérêt du groupe EDF seraient renforcés:

– par l’inaction malgré l’urgence,
– par un minuscule segment de parcs solaires attribués sur appel d’offres qui sera ainsi pratiquement réservé à une poignée de gros acteurs proches du pouvoir ou des arbitres du réseau,
– par l’étranglement des dépôts de nouveaux dossiers dus aux quotas: Les filiales d’EDF seront là encore les mieux placées pour connaitre les procédures avant l’heure, pour déposer avant tout le monde, et pour “promouvoir” leurs dossiers auprès des collègues du gestionnaire de réseau à l’image de pratiques récemment mises à jour par Touche Pas à mon Panneau Solaire.

Ce discours laisse ainsi perdurer le grand scandale du photovoltaïque.

A propos de TPAMPS: TPAMPS est un collectif réunissant entrepreneurs de TPE et PME, clients et défenseurs de la filière photovoltaïque française, durement touchée par le moratoire du 9 décembre 2010. Ce collectif compte près de 4.000 membres sur Facebook.  Le travail de réflexion et de proposition réalisé par ses membres est exemplaire et démontre, s’il en était besoin, que les professionnels du solaires sont mobilisés plus que jamais pour défendre cette filière et l’avenir énergétique de la France.

Source: Communiqué de presse du 22 février 2011 de TPAMPS

2 réponses

  1. Décret n° 2010-1510
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    LETTRE OUVERTE TPAMPS AU 1ER MINISTRE

    Monsieur le Premier Ministre,

    Votre ignorance de la réalité du terrain est consternante. Vous piétinez l’ensemble de la filière solaire. A-t-on jamais vu pareil capitaine de navire ignorer le cap à prendre, la valeur des matelots et le fonctionnement même d’un bateau ou d’une boussole ? Comment se peut-il que vous n’ayez à ce point la moindre idée du travail que nous avons abattu depuis 4 ans ?

    Quels sont ces panneaux de piètre qualité dont vous parlez ? Voulez-vous parler des panneaux chinois qu’EDF-EN installe à tour de bras, de la rafle de 75% du marché par ces « champions » nationaux dans le pompage de fonds publics et le détournement de l’esprit de la loi, parlez-vous des équipes de travailleurs saisonniers qui installent leurs centrales au sol ? Sans doute mais vous ne le dites pas.

    Nous, les PME-PMI, installateurs, développeurs et associatifs, le cœur battant de cette filière naissante et prometteuse, avons installé du matériel de qualité, dans le respect des règles de l’art et d’un cadre réglementaire particulièrement complexe. Nous avons créés 25 000 emplois au cœur de la crise. Nous vous avions alerté mi 2009 sur la nécessité de revoir le dispositif d’aide sous peine d’emballement, vous avez mis six mois à réagir et aujourd’hui vous nous rendez à la fois responsables et victimes de la situation. Nous avons été conviés à une concertation qui n’aura servi qu’à vous vanté d’avoir échangé avec nous, nous avons perdu notre temps et vous nous avez humiliés.

    De cette « concertation » vous ne tirez rien mais vous reprenez à l’identique ce que vous annonciez déjà en août dernier et qui participe au dépiéçage du Grenelle. Nous avons, depuis deux mois, fourni un travail de réflexion exceptionnel sur tous les aspects techniques, économiques et administratifs de cette filière, émettant des propositions constructives et réalistes qui permettent de maîtriser les coûts tout en gardant des volumes ambitieux. Vous faites comme si nous n’existions pas, comme si vous connaissiez mieux que nous tous réunis la voie à prendre. Quelle honte.

    Comme nous, vous savez que ce que la France investit aujourd’hui dans le renouvelable, c’est ce qu’elle gagnera demain et ce qu’elle ne dépensera plus après demain. Comme nous, vous savez qu’en permettant aux français de produire leur électricité localement, vous leur garantissez, à horizon 2020, une électricité propre et indépendante moins chère que l’électricité nucléaire à même horizon. Comme nous, vous savez que les français attendent de vous de les accompagner avec ambition sur le chemin nécessaire de la transition énergétique, que vous ne les laissiez pas sur le trottoir avec un nucléaire dont le reste du monde n’aura que faire. Ce qui valait pour hier ne vaudra pas pour demain et vous ne pouvez plus profiter de la méconnaissance des français sur les progrès faramineux et continus des technologies du renouvelable déjà largement opérationnelles, et compétitives dans les prochaines années.

    Vous nous proposez aujourd’hui des choses qui existent déjà, nous ne pouvons être dupes : Nous ne vous avons pas attendu pour que nos fabricants adhèrent aux programmes de recyclage déjà effectifs ; nous ne vous avons pas attendu pour respecter les critères de qualité technique, environnementale et esthétiques ; nous ne vous avons pas attendu pour innover ; les appels d’offres, quant à eux, ont déjà prouvé leur totale inefficacité, si ce n’est pour les très gros acteurs, et sur les toitures, ce système est une simple aberration. Par contre nous vous avons attendu pour donner à la France une filière solaire digne de ce nom.

    Votre mission de service public est de servir l’intérêt général dans une vision à long terme. Or, si les dépenses de ces vingt dernières années n’ont pas augmentées comparé au P.I.B, vous savez que la gestion d’hier a réduit les recettes de notre Etat de façon scandaleuse. La situation actuelle ne vous laisse aujourd’hui qu’une double alternative: des économies intelligentes pour porter les dépenses de demain, et des dépenses intelligentes pour porter les économies et recettes de demain. Les énergies renouvelables, entre autre, en sont un formidable exemple.

    Le Président n’annonçait pas autre chose en 2009, nous avons emboîtez le pas, cessez de nous faire croire que vous en faites de même aujourd’hui, mais agissez… vite !

  2. Bordron
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    Tout celà est évident.

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