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Sécurité électrique : un incendie sur trois est d’origine électrique

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Incendies, effondrements, fuites d’eau ou de gaz sont les dégâts dont on entend le plus parler dans le bâtiment. Mais qu’en est-il des accidents liés à l’installation électrique d’un logement ? Sont-ils fréquents ? Comment lutter contre ?

 

Des installations électriques à risques

L’importance du renouvellement des installations électriques dans les logements se fait sentir. Pas moins de 590 000 dégâts électriques ont été recensés en France en 2015, dus à des systèmes trop vieux, des suivis inexistants ou encore des imprudences. L’Observatoire National de la Sécurité Électrique (ONSE) estime que plus de la moitié des logements français pourraient présenter des risques pour la sécurité des habitants et des ouvriers du bâtiment. En effet, remplacer un chauffe-eau, peindre autour d’une prise de courant, réarmer un dispositif de protection d’installation électrique sont des causes fréquentes d’accidents de travail dans le secteur du bâtiment et cela, pour tous les corps de métier. Les habitants peuvent également en être les victimes mais la faute à qui ? Avec les années, les systèmes électriques des habitations se dégradent mais personne n’est présent pour contrôler leur état. Ils peuvent conduire à 2 types de dégâts :

  • Électrisation : passage du courant électrique dans le corps
  • Incendie : 1 incendie sur 3 est d’origine électrique

Ces accidents peuvent être causés par contact direct ou indirect avec la source de courant. Dans ce dernier cas, l’ouvrier ou l’habitant a touché une masse conductrice (métal ou liquide conducteur) accidentellement mise sous tension. Les conséquences sont variables en fonction de plusieurs paramètres :

  • Le taux d’humidité (qui favorise le passage de l’électricité)
  • La tension (exprimé en Volt)
  • L’intensité (exprimé en Ampère)
  • Le type de matériaux en contact (par exemple, le cuivre conduit mieux le courant que beaucoup d’autres métaux)
  • La santé de l’opérateur (sensibilité aux chocs électriques).
Euroclasses SYCABEL
Euroclasses SYCABEL

En ce qui concerne les incendies, « Lorsque le risque de propagation de l’incendie est élevé, par exemple dans de longs parcours verticaux ou dans des groupements de câbles, il est recommandé que les câbles satisfassent aux caractéristiques de non propagation de l’incendie définies dans la norme en vigueur » indique la norme NF C 15-100. Ainsi, le SYCABEL (Syndicat Professionnel des fabricants de fils et câbles électriques) a classifié les fils électriques en 4 Euroclasses permettant de choisir les câbles adaptés au type de bâtiment.

Bien que les tests de résistance au feu soient obligatoires pour mettre en vente des câbles électriques, aucune loi n’interdit pour l’instant d’utiliser des câbles très peu performants dans le bâtiment. L’arrêté du 3 août 2016 (ref. LHAL1522022A) introduit les objectifs techniques auxquels doivent répondre les installations électriques des bâtiments d’habitation et fait référence aux normes NF C 15-100 et NF C 14-100. Y est en particulier précisé que « L’installation électrique limite les risques d’incendie, limite la propagation du feu et de la fumée, contribue à la sécurité des occupants et à l’intervention des secours, et, le cas échéant, assure le fonctionnement des installations de sécurité ».

« Les câbles sont donc bien évidemment concernés par cette disposition qui impose globalement que les matériels électriques mis en œuvre ne présentent pas de danger d’incendie pour les matériaux voisins. Ainsi l’émission de gouttelettes enflammées devrait être limitée dans le choix des câbles pour éviter de possibles foyers secondaires. En conséquence, le rehaussement du niveau actuel au niveau Cca-s1,d1,a1 serait somme toute logique » précise Franck Gypaz de Nexans.

 

La garantie de maisons plus sûres pour des habitants et des ouvriers en sécurité

On sait que la réglementation n’impose pas encore de mettre en évidence la résistance au feu des câbles électriques lors de l’achat ou de la vente d’un bâtiment. Toutefois, cette donnée est accessible par un code couleur non officiel qui s’est généralisé. On trouve ainsi 3 couleurs principales sur le marché :

Câbles électriques avec des résistances au feu variable
Câbles électriques avec des résistances au feu variable

 

 

  • Les câbles noirs sont les moins performants. Ils prennent feu en quelques minutes, émettent des fumées toxiques et sont la cause de départ de foyers secondaires lors d’incendie.
  • Les câbles verts ralentissent la propagation des flammes et des fumées toxiques mais restent vulnérables au feu.
  • Les câbles oranges assurent toujours leur fonction même en cas d’incendie.

 

 

Pour limiter les risques d’incendies et d’électrocutions, l’ONSE recommande de vérifier au préalable que le logement comporte : Un appareil général de commande et de protection (interrupteur général) facilement accessible, un disjoncteur différentiel adapté et un dispositif de protection contre les surintensités. Si le bâtiment ne comporte pas ces 3 dispositifs, alors il est exposé aux risques cités précédemment et en particulier dans la cuisine et la salle de bain.

Pour vérifier la conformité du système, il est possible de diagnostiquer son installation électrique par un professionnel certifié par un organisme accrédité comme Socotec. D’ailleurs, pour vendre un logement de plus de 15 ans, il est obligatoire (depuis 2009) de fournir à l’acquéreur un diagnostic technique de l’ensemble de son installation électrique. Ce document doit avoir moins de 3 ans pour être conforme. Ce diagnostic liste les éventuelles anomalies et leurs risques associés mais les travaux de remise aux normes ne sont pas obligatoires. En cas de sinistre, l’assurance ne prendra pas en charge la totalité du remboursement si les travaux de remise aux normes ne sont pas réalisés. La réhabilitation commence par le remplacement des prises, des interrupteurs et des fils endommagés. Il est aussi très important d’installer au minimum un dispositif différentiel pour protéger l’ensemble de l’installation.

 

Mise en vigueur de réglementation pour une sécurité accrue

À compter du 1 Juillet 2017, le décret n°2016-1105 du 11 août 2016 sera mis en œuvre. Celui-ci rendra le diagnostic électrique obligatoire pour les contrats de location des logements en immeuble collectif dont le permis de construire a été délivré avant le 1er janvier 1975. Pour les autres logements, ce diagnostic sera systématique à compter du 1er janvier 2018. « L’extension du diagnostic électrique obligatoire aux logements en location était nécessaire car elle va inciter les propriétaires bailleurs et les locataires à rester vigilants quant aux dangers que peut représenter une installation électrique défectueuse », expliquent les membres du GRESEL (Groupe de Réflexion sur la Sécurité Électrique des Logements).

Le diagnostic permettra de vérifier 6 points clés dans la sécurité des installations électriques :

  • La présence, sur chaque circuit, d’un dispositif de protection contre les surintensités adaptées à la section des conducteurs.

  • La présence, à l’origine de l’installation électrique, d’au moins un dispositif différentiel de sensibilité appropriée aux conditions de mise à la terre.

  • La présence d’un appareil général de commande et de protection, facilement accessible.

  • La présence d’une liaison équipotentielle et d’une installation électrique adaptées aux conditions particulières des locaux contenant une baignoire ou une douche.

  • L’absence de matériels électriques vétustes, ou présentant des risques de contacts directs avec des éléments sous-tension.

  • L’absence de conducteurs non protégés mécaniquement.

 

Source : GRESEL

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