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Solaris, un bâtiment Bepos reproductible intégrant une fine GTB.

Solaris, un immeuble de bureaux à énergie positive reproductible, est le premier concept en son genre. Le projet, à l’initiative du promoteur Sercib, se trouve à Clamart sur l’avenue Réaumur. Bien que Solaris surpasse les recommandations du Grenelle de l’environnement, l’immeuble novateur demeure dans les prix du marché en termes de loyer et de réduction des charges. En exploitation depuis 2014, le bâtiment Solaris révèle un bilan très positif.

Vue entrée de Solaris
Vue entrée de Solaris

Économiser, puis produire

Il faut d’abord économiser de l’énergie avant de penser à en produire. De ce fait, réduire la consommation en-dessous du seuil BBC constitue le premier objectif visé par Solaris. Au-delà du Bepos, Sercib s’est particulièrement attaché à soigner le confort et la qualité de l’air, et à réduire au maximum les impacts environnementaux du bâtiment. « Enfin, le bâtiment se devait d’être reproductible en milieu urbain, et donc ne pas utiliser de terrain autour de son emprise au sol pour implanter les panneaux photovoltaïques, sa sobriété était donc de ce fait primordiale », ajoute Pascal Tigreat, responsable du département Automation de Wago.

Une bonne coordination est indispensable en conception

« La cohérence et la cohésion doivent être encore plus fortes et sans faille dès le début de ce type de projet. La coordination joue bien entendu un rôle clé et la phase de synthèse où l’on va vérifier tous les réseaux et leurs emplacements réservés est désormais acceptée comme un élément de contrôle incontournable », relève Gérard Vidal, directeur général adjoint de Square Ingénierie. Bien que les promoteurs et MOA aient compris l’intérêt d’une bonne synthèse, le BIM (Building Information Modeling) devrait apporter son aide en ce sens. Cependant le manque de temps et des délais trop courts imposés à toutes les étapes constituent habituellement un point névralgique, note l’expert. Que l’on choisisse une entreprise en macro-lot ou plusieurs sociétés spécialistes de leur domaine, leur complémentarité et leur solidarité seront la clé d’une performance globale.

Un pilotage affiné et efficace est nécessaire

« Les technologies de pilotage sont elles aussi essentielles, et le lot GTB doit faire l’objet d’un ensemble de tests et d’une optimisation adaptée », note Gérard Vidal. Pourtant c’est généralement le premier lot que les décideurs cherchent à réduire car ils ne mesurent pas son importance dans le suivi et la gestion des immeubles Bepos. Actuellement, il est encore difficile de démontrer toute la légitimité et la nécessité du lot GTB aux décideurs pour ce type de bâtiment.

Selon Pascal Tigreat de Wago, « les deux points importants du bâtiment à la fois pour le confort et la sobriété énergétique sont l’éclairage et la gestion de la température ». En effet, Solaris est équipé d’un système LED, géré sous Dali, capables de se réguler (gradation et adaptation) en fonction de l’occupant et des apports externes de lumière naturelle. Plus de 4 000 luminaires sont ainsi gérés par des automates par étage et par zone. En complément, les façades sont agrémentées de différentes façon selon leur orientation : panneaux réfléchissant la lumière au nord, stores extérieurs au sud-ouest et à l’est et commandés en tout ou rien par la GTB, brises soleil au sud.

L’inertie de la structure béton permet de stocker l’énergie suivant les saisons (chaud ou froid). La chaleur produite par l’exploitation du bâtiment en journée est absorbée dans les masses des structures et est évacuée par surventilation nocturne. En cas de grosse chaleur en journée, cette chaleur est absorbée par la circulation passive d’eau froide.

Solaris utilise la géothermie et les pompes à chaleur pour fournir de la chaleur en hiver et la fraîcheur en été. Ce sont aussi des automates qui pilotent la double régulation du bâtiment, ainsi que la gestion de la centaine d’aiguilles géothermiques, des PAC, et des vannes motorisées de distribution du chauffage. « En tout, ce sont environ 120 automates Wago qui sont installés pour gérer les régulations et automatismes et assurer la supervision du bâtiment », précise Pascal Tigreat. Des panneaux solaires thermiques sur le frontal d’entrée servent à la fois de casquette et apportent la fourniture d’énergie pour 32% de l’eau nécessaire au restaurant et à la cafétéria d’entreprise. Le bâtiment est occupé depuis fin juillet 2014, et le ressenti de confort global des usagers est des plus élogieux, souligne l’expert.

Pour les occupants, le confort est une priorité

Patio intérieur de Solaris
Patio intérieur de Solaris

Très souvent, les occupants d’un bâtiment tertiaire n’adoptent pas le même comportement au bureau que chez eux, note Gérard Vidal. Agir sur le comportement des occupants devient nécessaire, cela est possible via l’affichage des consommations en instaurant, par exemple, des challenges entre services au sein de l’entreprise. « Comme le bâtiment a des fenêtres qui peuvent s’ouvrir manuellement, il est possible de pointer à l’usager l’impact de l’ouverture de sa fenêtre (en hiver comme en été) et la surconsommation possible qui y est associée », rappelle Pascal Tigreat. Gérard Vidal ajoute que « pour garantir le bon niveau de confort, il faut impliquer les exploitants le plus tôt possible dans la construction ou la mise au point des systèmes afin qu’ils soient formés et qu’ils puissent bien assimiler tous les réglages et intégrer toutes les subtilités du fonctionnement et des asservissements réalisés. Pour cela, ces lots GTB et Régulation, qui dépendent de la fin des lots techniques principaux, demandent un peu de temps pour assurer une bonne mise au point, et c’est justement ce temps qui leur est rarement accordé à force de subir les retards cumulés de chaque lot concerné ».

Solaris en résumé

Sur l’ensemble des coûts, le surcoût s’élevait à 9%. « Il y a forcément un surcoût qui devrait être largement compensé par la diminution du coût d’exploitation et des consommations énergétiques. Le hic, c’est qu’il y a deux intervenants qui n’ont pas les mêmes objectifs : – l’investisseur qui doit respecter son budget; – l’utilisateur qui arrive après la construction, qui veut maîtriser ses consommations et réduire sa facture énergétique. C’est pour cette raison que l’incitation fiscale de l’un permettrait une exploitation optimisée de l’autre », indique Gérard Vidal. Pour Pascal Tigreat, au-delà de charges moindres, les atouts d’un tel bâtiment résident aussi dans sa valorisation en prix de location au m², dans son confort et son excellent taux de service, mais aussi dans sa rapidité d’adaptation à de nouveaux usages.

Solaris, en synthèse, c’est :

  • 31 000 m² de surface totale : 2 bâtiments de 15 000 m² avec des plateaux de 5 000 m² en moyenne ;
  • Un chauffage à géothermie composé de 116 aiguilles géothermiques descendant à 100 m de profondeur, couplé à des PAC eau/eau ;
  • Un jardin intérieur de 1 000 m² participant à l’équilibre bioclimatique du bâtiment ;
  • 4 223 m² de panneaux photovoltaïques en toiture, orientés plein sud à 17° d’inclinaison. Leur production, 58,1 kWhep/m²/an, vient en compensation de la consommation sur les 5 usages de la RT ;
  • Une consommation en énergie primaire de 43,49 kWhep/ m²/an (RT 2005) ;
  • Un gain en CO2 avec PV de 134,6 t équivalent CO2/an.

Une réponse

  1. […] Le bâtiment sera donc à énergie passive ou positive […]

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